Paul Verlaine

Paul Verlaine image

Image

Paul Verlaine



Notice biographique: Paul Verlaine (1844-1896)
Né à Metz en 1844 comme fils d’un officier.
Il fait ses études à Paris et entre dans l’administration municipale.  Cet emploi lui permet de cultiver ses dons littéraires et de fréquenter les cafés littéraires.

Ses premiers poèmes suivent encore le Parnasse mais révèlent déjà des tendances personnelles.

Un drame intime assombrit sa vie et il s’adonne à la boisson mais sous l’effet de l’absinthe il souffre de crises de folle fureur.

En 1869, il rencontre Mathilde Mauté, une jeune fille de 16 ans et il se fiance avec elle.  C’est le bonheur complet qui lui inspire les poèmes de La Bonne Chanson.  Mais, l’idylle dure peu.

Verlaine rencontre Rimbaud, délaisse sa femme et son emploi et se remet à boire.  Avec Rimbaud il va mener une existence vagabonde en Angleterre et en Belgique.

Au cours d’une discussion, Verlaine, qui a bu, tire deux coups de revolver sur Rimbaud.  Verlaine est condamné à deux ans de prison qu’il passe à Bruxelles d’abord, puis à Mons.

En prison, il éprouve un repentir sincère et se convertit au christianisme ce qui lui inspire les poèmes mystiques de Sagesse.

Après sa libération en 1875, il réussit à vivre, pendant quelques années, d’une façon plus ou moins heureuse et ordonnée.

Hélas, les échecs se succèdent et peu à peu, il reprend ses anciennes habitudes.  Pourtant sa situation matérielle s’améliore car on a enfin découvert qu’il est un grand poète.

Il meurt misérablement en 1896 mais une foule d’écrivains et d’admirateurs l’accompagnent au cimetière.

Oeuvres

Poèmes Saturniens (1866)
Fêtes Galantes (1869)
Romances sans paroles (1874)
Sagesse (1881)
Jadis et Naguère (1883)

Son style
A la mort de Leconte de Lisle en 1894, Verlaine est appelé “prince des poètes”.

Il ne se contente pas de nous dire ce qu’il éprouve mais il le fait sentir par des transpositions : les sentiments sont traduits en termes de sensations ou d’impressions.  Ce pouvoir de suggestion s’exerce surtout par la musique des vers.

Le vers impair est l’instrument favori du poète : des vers de 3, 5, 7, 9, 11 ou 13 syllabes.
Ces vers impairs sont plus fluides que les alexandrins classiques.

L’alexandrin classique prend une nouvelle forme chez Verlaine car il en fait des trimètres (alexandrin à trois accents – l’alexandrin classique a quatre accents).  Il le disloque aussi par des coupes et des rejets hardis.  Il ne va pas jusqu’au vers libre.

La syntaxe est également musicale.  Les tournures de la langue parlée augmentent l’effet d’intimité.

Poèmes Saturniens (1866)

Chanson d’automne


Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Romances sans paroles (1874)
Ce recueil a été écrit entre 1872 et 1873 pendant son existence errante en compagnie de Rimbaud.
Plusieurs poèmes présentent l’influence de Rimbaud (cf. 8, 6) auquel Verlaine emprunte des thèmes et des rythmes.
Les impressions de voyage voisinent avec les vers lyriques des “Ariettes Oubliées” où domine une immense tristesse.

Ariette oubliée


Il pleut doucement sur la ville (Arthur Rimbaud)

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s’écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

Sagesse (1881)
Dans ce recueil nous trouvons des poèmes que Verlaine a écrits pendant son séjour en prison, ainsi que des pièces écrites après sa libération.
C’est la conversion du poète qui unit tous ces poèmes.

Extrait
Ce poème a été écrit en 1873. Verlaine était emprisonné à Bruxelles et attendait son transfert à Mons.

Le ciel est, par-dessus le toit …


Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau, sur l’arbre qu’on voit,
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

-Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

Creative Commons License

Op bovenstaand artikel is een Creative Commons Licentie ‘Naamsvermelding – Niet-Commercieel – Gelijk Delen 2.0’ van toepassing. Deze licentievorm maakt gratis gebruik in een onderwijscontext (non-profit) mogelijk.
Auteursrechten van dit artikel.


Art poétique


De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise:
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

C’est des beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.

Recueil: Jadis et naguère (1884).


À l’aide de ce texte précisez la poétique du symbolisme; dégagez la tendance principale, puis les quelques préceptes assez vagues où se résume la théorie de Verlaine. Montrez comment elle s’oppose trait pour trait à la poétique du Parnasse. Remarquez la formule heureuse trouvée par Verlaine pour définir son propre vers qui devient ainsi l’idéal du vers symboliste.

Source: Calvet

Source des extraits audio: http://archive.org.
Visitez aussi: http://www.audiocite.net.

Paul Verlaine
Poète français, né à Metz en 1814, mort en 1895. Les particularités d’une existence besogneuse, toujours errante en des salles d’hôpital, ont créé une sorte de légende «miséreuse» autour de son nom. Poète mystique et sensuel, c’est dans ce contraste, accusé aussi violemment que possible, qu’il a recherché de préférence ses effets d’originalité. (Voir surtout l’étrange recueil intitulé: Parallèlement.) Le poète des Fêtes galantes, du Bonheur, de la Sagesse, se complaisait en des bizarreries systématiques. En revanche, il a crée des rythmes nouveaux, obtenu des effets heureux d’harmonie, et fait jaillir de son inspiration confuse des éclairs de beauté. Sa langue est en même temps souple et vigoureuse.

d’après Charles-Antoine Gidel , Frédéric Loliée, Dictionnaire-Manuel-illustré des Écrivains et des Littératures, Paris, Armand Colin, 1898.

Paul Verlaine par Valloton
Image