Stéphane Mallarmé

Notice biographique: Stéphane MALLARMÉ (1842-1898)
Privé de sa mère à l’âge de 5 ans, Stéphane Mallarmé est un enfant rêveur.

Il achève ses études secondaires à Sens, écrit déjà des vers et découvre en 1861 Les Fleurs du Mal de Baudelaire.

Il part ensuite en Angleterre et devient en 1863 professeur d’anglais.  Il exerce cette profession avec conscience mais la monotonie de la vie quotidienne ne tarde pas à le rebuter.

En 1866, il publie dix poèmes au Parnasse contemporain.

En 1871, il est nommé professeur à Paris où il recevra chaque mardi dans son appartement un groupe croissant d’amis et de disciples.

Jusqu’en 1884, Mallarmé reste un poète peu connu et peu apprécié.  C’est grâce à Verlaine et J.-K. Huysmans qu’il est révélé au public.

Il meurt brusquement en 1898.

Oeuvres
L’Après-midi d’un Faune (1876)
Poésies complètes (1887)
Vers et Prose (1893)

Son intérêt
La vie de Mallarmé a été complètement consacrée à la poésie. Il est considéré comme le maître des symbolistes.

Son style
Au début de sa carrière (1862-1865), il apparaît comme disciple de Baudelaire et il est fortement influencé par Edgar Poe.

Il connaît le spleen baudelairien et il rêve d’un mystérieux “ailleurs”.

Dans l’Après-midi d’un Faune (1876), la poésie de Mallarmé devient hermétique, impénétrable au profane.  Les constructions sont difficiles, le symbole devient compliqué et susceptible d’interprétations très diverses.

C’est surtout la structure de la phrase qui est typique : elle est complètement disloquée parce qu’il écarte les verbes des sujets, accumule les appositions …  En plus, il choisit des mots vieux ou rares parce qu’ils sont plus évocateurs.

Les mots sont groupés selon leurs affinités musicales.

Cette poésie risque de devenir tout à fait incompréhensible.  Mallarmé s’est coupé du grand public et beaucoup de ses poèmes ne peuvent être lus sans avoir recours à des explications volumineuses.

Extrait : Apparition

La lune s’attristait.  Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
-C’était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un Rêve au coeur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

Vocabulaire

des séraphins : anges représentés comme les musiciens célestes

Extrait : Brise Marine


La chair est triste, hélas !  et j’ai lu tous les livres.
Fuir !  là-bas fuir !  Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits !  ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai !  Steamer balançant ta mâture

Lève l’ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

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