Hippolyte Taine

Hippolyte Taine

Hippolyte Taine (1828-1893) 

Philosophe, historien et critique français, né à Vouziers, mort à Paris. Il a essayé d’appliquer la méthode expérimentale des sciences naturelles aux productions les plus diverses de l’esprit humain: Essai sur les Fables de La Fontaine, Essai sur Tite-Live, Histoire de la littérature anglaise, Philosophie de l’art, Vie et opinions de Thomas Graindorge, l’Intelligence, Origines de la France contemporaine.

Envisageant l’art et la littérature comme les fonctions naturelles de cet « animal d’espèce supérieure » qui est l’homme, et appliquant à l’esprit le principe de la subordination des caractères, Taine considérait le génie des grands écrivains et des grands artistes comme gouverné par une faculté maîtresse, elle-même dominée par des influences géographiques (le sol et le climat) et surtout les trois grandes influences parallèles de la race (état physique de l’homme: son corps et sa place dans l’évolution biologique), du moment (état d’avancée intellectuelle de l’homme) et du milieu (géographie, climat).

Son style est vif, rapide, imagé, avec quelque trace d’effort.

Source 1 et 2

Naissance: 21 avril 1828 – Vouziers | Décès: 5 mars 1893 – Paris


Les Souvenirs

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Les Souvenirs

Il siège au coin du feu, les paupières mi-closes,
Aspirant la chaleur du brasier qui s’éteint;
La bouilloire bouillonne avec des bruits d’étain;
Le bois flambe, noircit, s’effile en charbons roses.

Le royal exilé prend de sublimes poses.
Il allonge son nez sur des pieds de satin;
Il s’endort, il échappe au stupide destin,
À l’irrémédiable écroulement des choses.

Les siècles en son cœur ont épaissi leur nuit.
Mais au fond de son œil, inextinguible, luit,
Comme un flambeau sacré, son rêve héréditaire:

Un soir d’or, le déclin empourpré du soleil,
Des fûts noirs de palmiers sur l’horizon vermeil,
Un grand fleuve qui roule entre deux murs de terre.

Hippolyte Taine

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