La poésie au 19e siècle

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La poésie de Casimir Delavigne (1793-1843), qui tient de l’ancienne école classique et fait des emprunts au romantisme, nous semble aujourd’hui artificielle et démodée.

Béranger (1780-1857) s’est fait une spécialité de la chanson où il a exprimé quelques-unes des idées de la bourgeoisie libérale.

Des théories de Chateaubriand est sorti le mouvement romantique.

Le romantisme a pour principe essentiel de prendre toujours le contrepied des idées classiques. Son utilité a été d’affranchir la littérature du joug de formules étroites et de rendre la liberté à l’imagination et au sentiment.

Lamartine (1790-1869) a été l’initiateur de la poésie au XIXe siècle. Les Méditations (1820) sont le premier monument de la poésie lyrique moderne.

Poète d’un génie noblement idéaliste, Lamartine a chanté Dieu, l’amour, la nature. Son inspiration est le plus souvent élégiaque et mélancolique. Son style, admirable de pureté et d’harmonie, est parfois d’une excessive facilité.

Victor Hugo (1802-1885) a abordé tous les genres, poésie lyrique, satirique, épopée, drame.

S’il a moins réussi au théâtre et dans le roman, faute de connaître le cœur humain, il a excellé dans le lyrisme et nous a donné sous forme de fragments la seule épopée que nous possédions.

C’est par la richesse et l’éclat de l’imagination, par la variété des rythmes et par leur justesse musicale que vaut surtout l’œuvre de Victor Hugo. Il est le grand fleuve de la poésie moderne.

Alfred de Musset (1810-1857) a chanté avec plus de sincérité qu’aucun autre l’exaltation et les souffrances de l’amour. Poète de la jeunesse, il a tour à tour la grâce spirituelle de la causerie en vers et l’accent de la passion profonde.

Alfred de Vigny (1797-1863), contemporain des grands romantiques, en est très différent. Ce qui le caractérise, c’est qu’il est un poète philosophe. Sa philosophie est pessimiste, sa morale est stoïcienne. Si, chez lui, la souplesse et l’éclat de la forme font parfois défaut, il a écrit quelques-uns des plus beaux vers de la langue française.

Théophile Gautier (1811-1872) et Théodore de Banville (1823-1891) font la transition de la poésie romantique à la poésie parnassienne. On doit à Gautier des modèles de poésie plastique et la théorie de l’art pour l’art. Banville est le jongleur de la rime.

L’école parnassienne se distingue de l’école romantique parce qu’elle recherche l’impersonnalité dans la poésie et l’impeccabilité dans la forme.

Leconte de Lisle (1820-1894) a été le chef du mouvement parnassien; Sully-Prudhomme (1839-1907) est le poète de la vie intérieure; François Coppée (1842-1908) est le poète des « humbles ». José-Maria de Heredia (1842-1905) a renouvelé l’art du sonnet.

En réaction contre l’école parnassienne, le symbolisme réintègre le rêve dans la poésie et l’apparente à la musique plutôt qu’aux arts plastiques.

C’est de Baudelaire (1821-1867) et de son art morbide que procède l’école symboliste qui a pour initiateurs Arthur Rimbaud (1854-1891) et l’énigmatique Stéphane Mallarmé (1842-1898).

Son meilleur poète est Paul Verlaine (1844-1896) dont la vie et l’œuvre, oscillant du cynisme à la piété, ont été comparées à celles de Villon.

Henri de Régnier (1864-1936) s’est peu à peu dégagé du symbolisme pour reprendre avec plus de souplesse et de liberté la tradition parnassienne.

Anna de Noailles (1876-1933) a eu de beaux cris de passion et d’enthousiasme pour la nature.

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