Le 19e siècle

Le XVIIIème siècle a été appelé le siècle philosophique, le siècle de l’Encyclopédie: les écrivains se sont intéressés à la philosophie et à la politique.

Le XIXème siècle par contre est difficile à résumer en un mot et est caractérisé par une grande richesse et une grande diversité.

Le siècle est traversé par trois grands courants littéraires qui se sont succédé mais auxquels on ne peut pas assigner des dates précises.

Les trois écoles littéraires avec leur conception de l’art typique, s’entremêlent et il y a de nombreux échanges.

Ces trois tendances sont : le romantisme, le réalisme et le naturalisme, et le symbolisme.

Le romantisme (1800-1850)

Préparé par le lyrisme personnel de Chateaubriand et les romans personnels de J.-J. Rousseau, le romantisme s’oppose à la raison classique, la sensibilité et l’imagination.

Le romantisme développe le culte du moi : un moi souffrant, atteint du mal du siècle et qui éprouve un sentiment de solitude morale.

Le romantisme tente de se libérer des règles strictes du classicisme et poursuit une libération de l’art. Les poètes romantiques quittent l’alexandrin et tentent de varier les rythmes, de recourir à des images neuves et d’employer des mots évocateurs. Les genres sont mélangés : la poésie choisit ses rythmes et on crée la prose poétique. Le drame mélange tragédie et comédie et on renonce à la règle des trois unités. Le roman devient social et historique.

Le romantisme traite de préférence certains thèmes littéraires:

  • le passé national se substitue au culte des Anciens
  • ils cherchent leur inspiration dans la Bible et le moyen âge chrétien : le merveilleux chrétien remplace le merveilleux païen et le sentiment religieux s’épanouit.
  • la nature extérieure est un reflet fidèle de leur état d’âme
  • les romantiques emploient de préférence certains ornements : les ruines, la lune, la couleur locale etc.

Au contraire du classicisme, le romantisme ne se fait plus influencer par les Grecs et les Latins mais par les littératures étrangères (p. ex. Goethe, Shakespeare, Calderon).

Les quatre grands poètes de l’école romantique sont : Lamartine, Alfred de Vigny, Victor Hugo et Alfred de Musset.

Du théâtre romantique, il ne reste que quelques drames de Victor Hugo et d’Alfred de Musset.

Le roman romantique est historique chez Vigny et Hugo; psychologique et réaliste chez Stendhal et Balzac; social et idéaliste chez G. Sand.

Le réalisme et le naturalisme

Le réalisme est une réaction contre le romantisme et défini par une doctrine, il ne s’impose qu’après 1850. Ce n’est qu’avec la publication de Madame Bovary en 1857 que cette école littéraire triomphe.

Le réalisme est caractérisé par l’objectivité et l’impersonnalité : la personne de l’écrivain s’efface devant l’observation de la réalité (Flaubert, Daudet, de Maupassant).

La poésie réaliste est une poésie intellectuelle et scientifique qui observe et reproduit la nature aussi bien extérieure qu’intérieure.

Les réalistes vont à la recherche du vers parfait et ont un grand souci de la forme (Leconte de Lisle et le Parnasse).

Le naturalisme va encore plus loin. La physiologie (les instincts) domine la psychologie.

Le naturalisme est une observation de la réalité jusque dans les tout petits détails.

Il faut observer scientifiquement les réactions humaines d’une manière impartiale comme le fait le savant naturaliste devant les animaux ou les plantes.

L’auteur doit montrer la misère et la tristesse de la vie et dénoncer les injustices de la vie sociale.

La langue s’adapte aux personnages et l’autour dépeint surtout les milieux populaires (Zola).

La poésie réaliste ou parnassienne

Sous l’influence du réalisme, paraît en poésie l’école parnassienne qui doit son nom à l’éditeur Lemerre.

En 1866, il fait paraître un recueil intitulé Le Parnasse contemporain qui contenait des vers de 37 poètes qui ont bientôt reçu le nom de Parnassiens.

L’école parnassienne est, comme le réalisme, une réaction contre le culte du Moi des romantiques et restaure le culte de la forme.

Le groupe des poètes parnassiens se constitue entre 1860 et 1866. Ils réagissent contre le sentimentalisme du romantisme et suivent la doctrine de Théophile Gautier. Ils choisissent Leconte de Lisle comme leur maître.

Ce groupe n’a jamais formé une vraie école. Ce n’était qu’un groupe de poètes qui poursuivaient le même idéal : le culte de la perfection formelle.

L’initiateur du mouvement est Théophile Gautier ( 1811 – 1872), l’animateur du mouvement de l’art pour l’art.

D’après lui, l’art est désintéressé, ne sert à rien et prévaut sur la morale. Il a dit lui-même : “Il n’y a vraiment de beau que ce qui ne peut servir à rien, tout ce qui est utile est laid”.

L’écrivain n’a qu’à s’occuper de la beauté.

Pour atteindre la beauté, l’artiste doit travailler la forme, il faut bannir tout ce qui est facile : adopter des mètres difficiles, soigner la rime, veiller aux sonorités etc.

Le risque de cette formule peut être une poésie froide, pleine d’astuces esthétiques mais sans sentiments.

Le symbolisme

Le symbolisme est une nouvelle tendance littéraire qui se trouve dans la poésie entre 1880 et 1900.

Caractéristiques

1. Comme le réalisme était une réaction contre le romantisme, le symbolisme est une réaction contre le réalisme et le Parnasse.

2. La poésie ne sert à peindre ni à exprimer les sentiments du poète mais elle doit suggérer ses états d’âme. Comme ces états d’âme sont complexes, le symbolisme s’en tient au vague et à l’impression.

3. Le moi intérieur ne se laisse pas exprimer par des formules adéquates. Il faut donc recourir au symbole. Ces symboles doivent traduire les liens mystérieux qui existent entre l’état d’âme du poète et le monde sensible ressenti par le subconscient de l’artiste.

4. Les symboles peuvent être des images, des harmonies, des sons.

5. Les symboles sont polyvalents et permettent plus d’une interprétation.

6. Les mots seront choisis en fonction de leur sonorité et non de leur sens car la poésie est musique.

7. Le symbolisme rompt définitivement avec les règles strictes qui brident l’inspiration. Le symbolisme c’est la liberté complète de la forme. Tout est permis : il n’y a donc plus d’alternance des rimes féminines et masculines, on emploie le vers impair et le vers libre.

8. La poésie symboliste est une poésie subjective et personnelle.

9. Les grands représentants du symbolisme sont Verlaine, Rimbaud et Mallarmé.

Les précurseurs
Gérard de Nerval, quoique contemporain du romantisme, et Charles Baudelaire, contemporain du romantisme et du réalisme, sont considérés comme les précurseurs du symbolisme qui ne se manifeste que vers la fin du XIXème siècle.

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