André Malraux (1901-1976)


André MalrauxNotice biographique

La vie aventureuse de Malraux est reflétée dans son oeuvre romantique.
Entre 1923 et 1927, il a vécu en Extrême-Orient où il a participé à des missions archéologiques mais aussi à des mouvements révolutionnaires.
Dès 1933, il milite contre le fascisme et le nazisme naissant. Il passe la deuxième guerre mondiale dans la résistance.
En 1945, il devient ministre de l’Information dans le cabinet du général de Gaulle.
Depuis la guerre, Malraux n’a plus écrit de romans mais il s’est tourné vers les études d’art.
De 1959 à 1969, il est ministre des Affaires culturelles sous le général de Gaulle, président de la République à ce moment.

Oeuvres

Les Conquérants (1927)
La Voie royale (1930)
La Condition humaine (1933)
Le Temps du Mépris (1935)
L’Espoir (1937)
Les Voix du Silence (1951)

Son intérêt

A première vue, on pourrait considérer Malraux comme un agitateur du communisme car ses premiers romans le présentent ainsi.
Après 1945, il se met au service d’une politique plus nationaliste et se tourne vers la patrie : désormais c’est l’idée de “nation” qui prévaut sur l’idée de “révolution” dans ses romans.
Ses héros sont des hommes engagés dans l’action mais qui analysent aussi leur situation et qui s’interrogent sur le sens de leur vie.
La mort est toujours présente dans ses oeuvres et ses héros se trouvent devant des dangers terribles et subissent parfois les tortures les plus atroces et les plus barbares.
Dans l’univers de Malraux il n’y a pas de Dieu, mais la fraternité humaine y occupe une place importante.

Son style

Malraux n’a pas de vocabulaire spécialisé. Ses récits sont souvent construits sur un rythme coupé et haletant. Sa langue est parfois trop chargée d’images

La Condition humaine (1933)

Le roman est situé à Shanghai, le 21 mars 1927.
Les capitalistes, personnifiés par Ferral, l’homme de finances, tiennent la ville.
Les syndicalistes ont déclenché l’action sans attendre les troupes du Kuomintang, commandées par Chang-Kaï-Shek.
L’auteur met en scène toute une série de personnages, e.a. Katow, qui a connu la révolution russe en 1917.
A travers différents épisodes, l’auteur peint l’action des différents groupes qui occupent la ville.


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La Condition humaine (André Malraux, 1933).

Début du roman.

Situation du passage.

La focalisation interne : qui voit, qui perçoit ?

* Le récit à la troisième personne présente la scène à travers le regard et la conscience du personnage, dont le nom est le premier mot du texte – on a donc une focalisation interne.

1. * Ce qu’il voit
* Le pied, seule preuve tangible de l’humanité de l’homme à assassiner, mais dont la réalité est atténuée par le caractère fantomatique ou irréel du décor et de ce qui l’entoure (mousseline, lumière pâle), est rendu autonome, sans référent.

2. * Ce qu’il entend
* Les klaxons suspendent pour un moment la contemplation du pied, et la mention du silence précède la réapparition de ce pied.
* L’auditif et le visuel se mettent mutuellement en relief.

3. * Sensations tactiles
* Elles sont très nombreuses dans le deuxième paragraphe, et y remplacent les notations visuelles. On insiste ici sur les sensations les plus intimes du corps du personnage.

4. * Ce qu’il ressent
* Multiplications des expressions de sensations intimes : « découvrait en lui », « hésitantes », « stupéfait »…
* Tout concourt à favoriser l’identification et la solidarisation du lecteur au personnage par le partage de ses sensations les plus intimes .

II) La voix narratrice : qui parle et qui sait ?

1. * La voix du personnage
* Le récit rapporte les sensations, mais aussi les pensées de Tchen, dont le lecteur découvre le monde intérieur.
* Tchen s’exprime par un soliloque dont les marques sont le style indirect, et surtout indirect libre (« Pris ou non, exécuté ou non, peu importait »), typique du monologue intérieur. Les exclamations sont très proches d’un réel discours (l.9-10 « Découvert ? Combattre ! »)
* Les guillemets sont la marque d’une référence à une phrase déjà entendue, et qui prend tout son sens dans ce soliloque.

2. * La voix du narrateur
* Par moments, la mise en mots des pensées de Tchen peut difficilement lui être attribuée : par exemple « Et pas seulement aux dieux qu’il avait choisis […] ».
* La métaphore « cette nuit écrasée d’angoisse n’était que clarté » se distingue du texte et permet de sentir la voix du narrateur. À ce moment, la métaphore est nécessaire pour éviter l’insertion d’une voix à caractère omniscient. La voix narratrice ne rompt donc pas la description du personnage mais en accomplit l’aboutissement – néanmoins, c’est par là qu’elle est visible.

Conclusion

Le récit fait accéder le lecteur au plus intime du personnage grâce à la focalisation interne et au discours indirect libre, afin de favoriser la plus grande identification possible. L’illusion romanesque culmine ici, bien plus efficace que chez un Zola ou un Balzac.

Néanmoins, au cœur du personnage, de l’intrigue et de l’histoire, le lecteur voit l’illusion romanesque rompue par le choix du narrateur de se montrer.

Source: http://membres.lycos.fr/barth/cdh_menu.html