Charles PÉGUY (1873-1914)

Charles Péguy

Notice biographique

Né en 1873 à Orléans comme fils d’un ouvrier et d’une mère rempailleuse de chaises, Charles Péguy, est un enfant du peuple.
A la mort de son père en 1874, il est éduqué par sa mère qui travaille dur pour gagner sa vie.
Il reçoit une bourse pour étudier au lycée d’Orléans où il se montre un excellent élève.
En 1891, il commence des études de philosophie et, après avoir abandonné sa foi catholique, il s’oriente vers le socialisme.
Il affirme ses convictions socialistes et défend, avec Zola, la révision du procès Dreyfus.
En 1898, il renonce à l’université et commence une carrière de publiciste dans des revues socialistes.
En 1900, il rompt avec le socialisme orthodoxe et fonde Les Cahiers de la Quinzaine qui joueront un rôle important dans la vie littéraire, intellectuelle et spirituelle de la France de 1900 à 1914.
La menace du militarisme allemand l’inquiète et l’amène à un nationalisme patriotique et le reconduit à la foi chrétienne.
Sa conversion influence sa carrière littéraire et il revient à la poésie. En même temps, il continue à écrire dans les Cahiers et à produire des oeuvres en prose.
En 1914, c’est la mobilisation et Péguy est lieutenant de réserve. Il succombe dans la bataille de la Marne, à Villeroy, en septembre 1914.

Oeuvres
Jeanne d’Arc (1897)
Les Cahiers de la Quinzaine (1900)
Le Porche du Mystère de la Deuxième Vertu (1911)
La Tapisserie de Ste Geneviève et de Jeanne d’Arc (1912)

Son intérêt
Charles Péguy était ignoré de son vivant, ce n’est qu’après sa mort que son influence n’a cessé de grandir.
Il a influencé tous les jeunes écrivains de son temps comme Romain Rolland.

Son style
Péguy est un écrivain original dont la langue très personnelle, pleine d’énumérations et de répétitions, est souvent un obstacle à la lecture.
Il est doué d’une imagination extraordinaire et emprunte ses images et ses comparaisons à la nature.
Son rythme est souvent lourd et monotone.

Les Mystères (1910-1912).
L’ensemble des trois Mystères invite à méditer sur la foi : le premier, la Charité de Jeanne d’Arc (1910), est consacré au mystère del’amour; le deuxième et le troisième, Porche du Mystère de la Deuxième Vert (1911) et Mystère des Saints Innocents (1912), parlent de l’espérance.
La forme adoptée est celle du verset et rappelle la Bible.
Les Mystères sont aussi un retour aux mystères du Moyen Age.

Présentation de Paris à Notre-Dame

Étoile de la mer, voici la lourde nef
Où nous ramons tout nuds sous vos commandements ;
Voici notre détresse et nos désarmements ;
Voici le quai du Louvre, et l’écluse, et le bief.

Voici notre appareil et voici notre chef.
C’est un gars de chez nous qui siffle par moments.
Il n’a pas son pareil pour les gouvernements.
Il a la tête dure et le geste un peu bref.

Reine qui vous levez sur tous les océans,
Vous penserez à nous quand nous serons au large.
Aujourd’hui c’est le jour d’embarquer notre charge.
Voici l’énorme grue et les longs meuglements.

S’il fallait le charger de nos pauvre vertus,
Ce vaisseau s’en irait vers votre auguste seuil
Plus creux que la noisette après que l’écureuil
L’a laissée retomber de ses ongles pointus.

Nuls ballots n’entreraient par les panneaux béants,
Et nous arriverions dans la mer de Sargasse
Traînant cette inutile et grotesque carcasse
Et les Anglais diraient : ils n’ont rien mis dedans.

Mais nous saurons l’emplir et nous vous le jurons
Il sera le plus beau dans cet illustre port
La cargaison ira jusque sur le plat-bord
Et quand il sera plein nous le couronnerons.

Nous n’y chargerons pas notre pauvre maïs,
Mais de l’or et du blé que nous emporterons.
Et il tiendra la mer : car nous le chargerons
Du poids de nos péchés payés par votre Fils.

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