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À la recherche du temps perdu est un roman de Marcel Proust, écrit entre 1908-1909 et 1922 et publié entre 1913 et 1927 en sept tomes, dont les trois derniers parurent après la mort de l’auteur. Plutôt que le récit d’une séquence déterminée d’événements, cette œuvre s’intéresse non pas à la mémoire du narrateur mais à une réflexion sur la littérature: «j’ai eu le malheur de commencer mon livre par le mot «je» et aussitôt on a cru que, au lieu de chercher à découvrir des lois générales, je m’analysais au sens individuel et détestable du mot», écrit Marcel Proust.

Le roman est publié en sept tomes :

* Du côté de chez Swann (à compte d’auteur chez Grasset en 1913, puis dans une version modifiée chez Gallimard en 1919)
* À l’ombre des jeunes filles en fleurs (1919, chez Gallimard ; reçoit le prix Goncourt la même année)
* Le Côté de Guermantes (en deux volumes, chez Gallimard, 1920-1921)
* Sodome et Gomorrhe I et II (chez Gallimard, 1921-1922)
* La Prisonnière (posth. 1923)
* Albertine disparue (posth. 1925) (titre original: La Fugitive)
* Le Temps retrouvé (posth. 1927)

En considérant ce découpage, son écriture et sa publication se sont faites parallèlement, et la conception même que Proust avait de son roman a évolué au cours de ce processus. Ce découpage est donc plus le fruit des circonstances du moment qu’un reflet de choix de l’auteur.

Que se passe-t-il dans ce volumineux ensemble ? Par souci de clarté, on peut proposer un bref résumé de chacun des sept volets de l’œuvre.

Du côté de chez Swann

Combray

(nom que Proust donnait à Illiers, appelé aujourd’hui Illiers-Combray) est un petit ensemble qui ouvre La Recherche du Temps Perdu. Le narrateur, adulte, songe aux différentes chambres où il a dormi au cours de sa vie, notamment celle de Combray, où il passait ses vacances lorsqu’il était enfant. Cette chambre se trouvait dans la maison de sa grand-tante: «La cousine de mon grand-père — ma grand-tante — chez qui nous habitions…»

Le narrateur se souvient à quel point l’heure du coucher était une torture pour lui; cela signifiait qu’il allait passer une nuit entière loin de sa maman, ce qui l’angoissait au plus haut point: «…le moment où il faudrait me mettre au lit, loin de ma mère et de ma grand-mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations.» Pendant longtemps, il ne se souvint que de cet épisode de ses séjours dans la maison de sa grand-tante. Et puis, un jour, sa mère lui proposa une tasse de thé et des madeleines, qu’il refusa dans un premier temps puis finit par accepter. C’est alors que, des années après son enfance, le thé et les miettes du gâteau firent remonter toute la partie de sa vie passée à Combray: «… et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.»

Cette partie de la vie du narrateur n’était pas seulement marquée par le drame du coucher. Elle fut l’occasion de s’éveiller aux sens (l’odeur des aubépines, la vue de la nature autour de Combray, lors de promenades familiales), à la lecture (les romans de Bergotte, auteur fictif qui d’ailleurs sera lui-même un personnage du roman); le narrateur se promène de part et d’autre de Combray avec sa famille: du côté de Méseglise, ou du côté de Guermantes si le temps le permet. Il adore sa mère et sa grand-mère, mais plus globalement, sa famille apparaît comme un cocon dans lequel le narrateur enfant se sent heureux, protégé et choyé.

Un amour de Swann

est une parenthèse dans la vie du narrateur. Il y relate la grande passion qu’a éprouvée Charles Swann (qu’on a rencontré dans la première partie comme voisin et ami de la famille) pour une cocotte, Odette de Crécy. Dans cette partie, on voit un Swann amoureux mais torturé par la jalousie et la méfiance vis-à-vis d’Odette. Les deux amants vivent chacun chez eux, et dès que Swann n’est plus avec son amie, il est rongé par l’inquiétude, se demande ce que fait Odette, si elle n’est pas en train de le tromper. Odette fréquente le salon des Verdurin, couple de riches bourgeois qui reçoivent tous les jours un cercle d’amis pour dîner, bavarder ou écouter de la musique. Dans un premier temps, Swann rejoint Odette dans ce milieu, mais au bout d’un moment, il a le malheur de ne plus plaire à madame Verdurin et se fait écarter des soirées organisées chez elle. Il a alors de moins en moins l’occasion de voir Odette et en souffre affreusement, puis peu à peu il se remet de sa peine et s’étonne: «Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, … pour une femme…qui n’était pas mon genre !» Cette parenthèse n’est pas anecdotique. Elle prépare la partie de la Recherche dans laquelle le héros connaîtra des souffrances similaires à celles de Swann.

Noms de pays: le nom

commence par une rêverie sur les chambres de Combray, et sur celle du grand hôtel de Balbec (c’est ainsi que Proust appelait la ville de Cabourg). Adulte, le narrateur compare, différencie ces chambres. Il se souvient que, jeune, il rêvait sur les noms de différents lieux, tels Balbec, mais aussi Venise, Parme ou Florence. Il aurait alors aimé découvrir la réalité qui se cachait derrière ces noms, mais le docteur de la famille déconseilla tout projet de voyage à cause d’une vilaine fièvre que contracta le jeune narrateur. Il dut alors rester dans sa chambre parisienne (ses parents vivaient à deux pas des Champs-Élysées) et ne put s’octroyer que des promenades dans Paris avec sa grand-mère ou seul. C’est là qu’il fit connaissance avec Gilberte Swann, qu’il avait déjà aperçue à Combray. Il se lia d’amitié avec elle et en tomba amoureux. Sa grande affaire fut à ce moment d’aller jouer avec elle et ses amies dans un jardin proche des Champs-Élysées. Il remarque les toilettes d’une femme élégante, qui n’est autre qu’Odette Swann, devenue la femme de Swann, et la mère de Gilberte.

À l’ombre des jeunes filles en fleurs

À l’ombre des jeunes filles en fleurs commence à Paris, et toute une partie intitulée Autour de Madame Swann marque l’entrée de notre héros dans la maison des parents de Gilberte Swann. Il s’y rend sur invitation de sa jeune amie, pour jouer ou goûter. Il est si épris qu’une fois rentré chez ses parents, il fait tout pour orienter les sujets de conversation sur le nom de Swann. Tout ce qui constitue l’univers des Swann lui semble magnifique: « …je ne savais ni le nom ni l’espèce des choses qui se trouvaient sous mes yeux, et comprenais seulement que quand elles approchaient les Swann, elles devaient être extraordinaires…» Il est heureux et fier de sortir dans Paris avec les Swann. C’est au cours d’un dîner chez eux qu’il rencontre l’écrivain Bergotte, dont il aime les livres depuis longtemps. Il est désappointé: le vrai Bergotte est à mille lieues de l’image qu’il s’était forgée de lui à la lecture de ses œuvres! «Tout le Bergotte que j’avais lentement et délicatement élaboré… se trouvait d’un seul coup ne plus pouvoir être d’aucun usage…» Sa relation avec Gilberte évolue: ils se brouillent et le narrateur décide de ne plus la voir. Sa peine est intermittente. Peu à peu il parvient à se détacher d’elle, à ne plus ressentir que de l’indifférence à l’égard de Gilberte. Il reste néanmoins lié avec Odette Swann. Deux ans après cette rupture, il part à Balbec avec sa grand-mère (dans la partie intitulée Noms de Pays: le Pays). Il est malheureux lors du départ pour cette station balnéaire, car il va se trouver éloigné de sa mère. Sa première impression de Balbec est la déception. La ville est très différente de ce qu’il avait imaginé. En outre, la perspective d’une première nuit dans un endroit inconnu l’effraie. Il se sent seul puis, jour après jour, il observe les autres personnes qui fréquentent l’hôtel. Sa grand-mère se rapproche d’une de ses vieilles amies, madame de Villeparisis. C’est le début de promenades dans la voiture de cette aristocrate. Au cours de l’une d’elles, le narrateur ressent une étrange impression en apercevant trois arbres, alors que la voiture se rapproche d’Hudimesnil. Il sent le bonheur l’envahir mais ne comprend pas pourquoi. Il sent qu’il devrait demander qu’on arrête la voiture pour aller contempler de près ces arbres mais par paresse, il y renonce. Madame de Villeparisis lui présente son neveu, Saint-Loup, avec lequel le héros se lie d’amitié. Il fait aussi la connaissance d’Albert Bloch, puis du baron de Charlus (un Guermantes, comme madame de Villeparisis et bien d’autres personnages de l’œuvre de Proust). Le héros est surpris par le comportement étrange du baron: celui-ci commence par dévisager intensément notre héros, puis une fois qu’il a fait connaissance avec lui, il se montre incroyablement lunatique. Petit à petit, le narrateur élargit le cercle de ses connaissances : Albertine Simonet et ses amies deviennent ses amies et au début, il se sent attiré par plusieurs de ces jeunes filles. Il finit par tomber amoureux d’Albertine. Le mauvais temps arrive, la saison se termine et l’hôtel se vide.

Le Côté de Guermantes

Ce volet est divisé en deux parties, qui se passent surtout à Paris: les parents du narrateur y changent de logement et vivent désormais dans une partie de l’hôtel des Guermantes. Leur bonne, la vieille Françoise, regrette ce déménagement. Le narrateur rêve au nom des Guermantes, comme jadis il rêvait aux noms de pays. Il aimerait beaucoup pénétrer dans le monde des aristocrates. Pour tenter de se rapprocher de madame de Guermantes, dont il est amoureux et qu’il importune à force de la suivre indiscrètement dans Paris, il décide de rendre visite à son ami Robert de Saint-Loup, qui est en garnison à Doncières: «L’amitié, l’admiration que Saint-Loup avait pour moi, me semblaient imméritées et m’étaient restées indifférentes. Tout d’un coup j’y attachai du prix, j’aurais voulu qu’il les révélât à Madame de Guermantes, j’aurais été capable de lui demander de le faire.» Il rend donc visite à son ami qui le reçoit avec une très grande gentillesse et est aux petits soins pour lui. De retour à Paris, le héros s’aperçoit que sa grand-mère est malade. Saint-Loup profite d’une permission pour se rendre à Paris; il souffre à cause de sa maîtresse, Rachel, que le narrateur identifie comme une ancienne prostituée qui travaillait dans une maison de passe. Le narrateur fréquente le salon de madame de Villeparisis, l’amie de sa grand-mère; il observe beaucoup les personnes qui l’entourent. Cela donne au lecteur une image très fouillée du faubourg Saint-Germain entre la fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième. Le narrateur commence à fréquenter le salon des Guermantes. La santé de sa grand-mère continue à se détériorer: elle est victime d’une attaque en se promenant avec son petit-fils.

Sodome et Gomorrhe

Le titre évoque deux villes détruites par Dieu dans la Bible à cause de leurs mauvaises mœurs, notamment sexuelles. Dans ce volet, le narrateur découvre que l’homosexualité est très présente autour de lui. Un jour, il découvre celle de monsieur de Charlus et de Jupien, un giletier qui vit près de chez lui. Charlus n’est pas seulement l’amant de Jupien; riche et cultivé, il est aussi son protecteur. Le narrateur, après la découverte de l’inversion sexuelle de Charlus, se rend à une soirée chez la princesse de Guermantes. Cela lui permet d’observer de près le monde de l’aristocratie du faubourg Saint-Germain, et de se livrer à des considérations sur cette partie de la société. Après cette longue soirée, le narrateur rentre chez lui et attend la visite de son amie Albertine; comme celle-ci se fait attendre, le héros s’irrite et devient anxieux. Finalement, Albertine arrive et la glace fond. Cela dit, le cœur du narrateur est instable. Il lui arrive de ne plus ressentir d’amour pour Albertine, ce qu’il appelle ‘les intermittences du cœur’. Il effectue un deuxième séjour à Balbec. Cela l’amène à établir des comparaisons avec son premier séjour dans cette station balnéaire. Cette fois-ci, il est seul, sa grand-mère est morte: en se déchaussant, il se souvient qu’alors, sa grand-mère avait tenu à lui ôter elle-même ses souliers, par amour pour lui. Ce souvenir le bouleverse; il comprend seulement maintenant qu’il a perdu pour toujours sa grand-mère qu’il adorait. Ce séjour à Balbec est rythmé par les sentiments en dents de scie que le héros éprouve pour Albertine: tantôt il se sent amoureux, tantôt elle lui est indifférente et il songe à rompre. Il commence d’ailleurs à avoir des soupçons sur elle: il se demande si elle n’est pas lesbienne. Mais il n’arrive pas à avoir de certitudes. À la fin de ce second séjour, il décide d’épouser Albertine, pensant que ce faisant, il la détournera de ses penchants pour les femmes.

La Prisonnière

Le narrateur est de retour à Paris, dans la maison de ses parents, absents pour le moment. Il y vit avec Albertine, et Françoise, la bonne. Les deux amants ont chacun leur chambre et leur salle de bains. Le narrateur fait tout pour contrôler la vie d’Albertine, afin d’éviter qu’elle donne des rendez-vous à des femmes. Il la maintient pour ainsi dire prisonnière chez lui, et lorsqu’elle sort, il s’arrange pour qu’Andrée, une amie commune aux deux amoureux, suive Albertine dans tous ses déplacements. L’attitude du narrateur est très proche de celle de Swann avec Odette dans Un Amour de Swann. L’amour, loin de le rendre heureux, suscite une incessante méfiance, et une jalousie de tous les instants. Le héros se rend compte aussi que malgré toutes ses précautions, Albertine lui est étrangère à bien des égards. Quoi qu’il fasse, elle reste définitivement un mystère pour lui. Cette vie en commun ne dure pas longtemps. Un matin, Françoise annonce au narrateur qu’Albertine est partie de bon matin.

Albertine disparue

Dans certaines éditions, ce volet est intitulé La Fugitive (titre originellement voulu par Proust mais que portait déjà un autre livre), titre qui correspond aussi très bien au contenu de cette partie. Albertine s’est enfuie de chez le narrateur alors que celui-ci commençait à ressentir la plus complète indifférence pour elle. Cela provoque un nouveau revirement de son cœur. Il fait tout pour retrouver sa maîtresse, et veut croire qu’il sera très vite en sa présence. Hélas, il apprend par un télégramme qu’Albertine est morte, victime d’une chute de cheval. Elle lui échappe ainsi définitivement. Son cœur oscille entre souffrance et détachement au fil du temps. Il se livre, auprès d’Andrée, à un travail d’enquêteur pour savoir si oui ou non elle était lesbienne. Effectivement, elle l’était. Il se rend chez la duchesse de Guermantes et y croise son amour d’enfance, Gilberte Swann, devenue mademoiselle Gilberte de Forcheville: Swann est mort de maladie, et Odette s’est remariée avec monsieur de Forcheville. Swann rêvait de faire admettre sa femme dans les milieux aristocratiques: à titre posthume, son souhait est exaucé par le riche remariage d’Odette. Le narrateur effectue un voyage à Venise avec sa mère. De retour de ce voyage, il apprend le mariage de Gilberte avec son ami Robert de Saint-Loup. Quelque temps après, il se rend à Tansonville, non loin de Combray, chez les deux nouveaux mariés. Gilberte se confie au narrateur : elle est malheureuse car Robert la trompe. C’est exact, mais elle croit que c’est avec des femmes alors que Robert est attiré par les hommes.

Le Temps retrouvé

Le début de ce dernier volet se passe encore à Tansonville. Le narrateur, qui voudrait devenir écrivain depuis qu’il est enfant, lit un passage du Journal des Goncourt avant de s’endormir, et cela l’amène à croire qu’il n’est pas capable d’écrire. Il décide de renoncer à devenir écrivain. Nous sommes en pleine première guerre mondiale. Le Paris de cette période montre des personnages globalement germanophobes, et totalement préoccupés par ce qui se passe sur le front. Charlus est une exception : il est germanophile. Saint-Loup s’est engagé et il est parti combattre. Il se fait tuer sur le champ de bataille. Après la guerre, le narrateur se rend à une matinée chez la princesse de Guermantes. En chemin, il a de nouveau conscience de son incapacité à écrire. Il attend la fin d’un morceau de musique dans le salon-bibliothèque des Guermantes et le bruit d’une cuiller, la raideur d’une serviette qu’il utilise déclenchent en lui le plaisir qu’il a ressenti autrefois en maintes occasions: en voyant les arbres d’Hudimesnil par exemple. Cette fois-ci, il décide d’approfondir son impression, de découvrir pourquoi certaines sensations le rendent si heureux. Et il comprend enfin que la mémoire involontaire est seule capable de ressusciter le passé, et que l’œuvre d’art permet de vivre une vraie vie, loin des mondanités, qu’elle permet aussi d’abolir les limites imposées par le Temps. Le héros est enfin prêt à créer une œuvre littéraire.

Éléments de réflexion

La démarche de Proust est paradoxale: l’étude de sa vie personnelle dans ses moindres détails, dans un milieu très spécifique (la haute bourgeoisie et l’aristocratie française du début du XXe siècle) lui permet d’accéder à l’universel.

La philosophie, l’esthétique de l’œuvre de Proust ne peuvent cependant être extraits complètement de leur époque (la philosophie de Schopenhauer, l’impressionnisme, la musique de Wagner, l’affaire Dreyfus).

Son style reste très particulier. Ses phrases, souvent longues et à la construction complexe rappellent le style du duc de Saint-Simon, l’un des auteurs qu’il cite le plus souvent. Certaines nécessitent un certain effort de la part du lecteur pour distinguer leur structure et donc leur sens précis. Ses contemporains témoignent que c’était à peu près la langue parlée de l’auteur.

Ce style particulier traduit une volonté de saisir la réalité dans toutes ses dimensions, dans toutes ses perceptions possibles, dans toutes les facettes du prisme des différents intervenants. On rejoint les préoccupations des impressionnistes: la réalité n’a de sens qu’à travers la perception, réelle ou imaginaire, qu’en a le sujet.

Le prisme n’est pas uniquement celui des différents acteurs, mais il est également celui de l’auteur qui se trouve dans différents angles de vue avec le temps qui passe, le point de vue du moment présent, le point de vue du moment passé, le point de vue du moment passé tel qu’il le revit au présent.

L’œuvre ne se limite pas à cette dimension psychologique et introspective, mais analyse aussi, d’une manière souvent impitoyable, la société de son temps: opposition entre la sphère aristocratique des Guermantes et la bourgeoisie parvenue des Verdurin, auxquelles il faut ajouter le monde des domestiques représenté par Françoise. Au fil des tomes, l’œuvre reflète l’histoire de son temps, depuis les controverses de l’affaire Dreyfus jusqu’à la guerre de 1914-1918.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article À la recherche du temps perdu de Wikipédia en français (auteurs)


Op zoek naar de verloren tijd

À la recherche du temps perdu (Op zoek naar de verloren tijd) is een roman van Marcel Proust. Het werk is geschreven tussen 1908 en 1922.

Het boek werd uitgegeven in zeven delen tussen 1913 en 1927. De laatste drie delen zijn pas uitgegeven na de dood van Proust. Het boek is meer dan een opeenvolging van gebeurtenissen. In tegenstelling tot wat velen denken, bezint de auteur in zijn roman zich over literatuur en schrijft hij niet over zijn eigen herinneringen. Proust is zijn boek begonnen met het woord ‘ik’, waardoor men dacht dat het verhaal autobiografisch was en hierdoor de essentie ervan vergat te achterhalen.

De roman is in 7 volumes verschenen:

*1913 – Du côté de chez Swann. Nederlandse vertaling: De kant van Swann (1979) door C.N. Lijsen, M.E. Veenis-Pieters en Thérèse Cornips. In 2009 geheel hervertaald door Thérèse Cornips.
*1918 – À l’ombre des jeunes filles en fleurs. – Nederlandse vertaling: In de schaduw van de bloeiende meisjes (1985) door C.N. Lijsen en Thérèse Cornips.
*1920 – Le côté de Guermantes. Nederlandse vertaling: De kant van Guermantes (1986) door Thérèse Cornips.
*1922 – Sodome et Gomorrhe. Nederlandse vertaling: Sodom en Gomorra (1991) door Thérèse Cornips.
*1923 – La Prisonnière. Nederlandse vertaling: De gevangene (1995) door Thérèse Cornips.
*1925 – Albertine disparue (oorspronkelijke titel: La fugitive). Nederlandse vertaling: De voortvluchtige (1996) door Thérèse Cornips.
*1927 – Le temps retrouvé. – Nederlandse vertaling: De tijd hervonden (1999) door Thérèse Cornips.

Uit de lijst blijkt dat het schrijfproces en het publicatieproces parallel verliepen. De visie die Proust op zijn roman had, heeft zich in de loop van dit proces verder ontwikkeld. Het idee om het verhaal in zeven delen op te splitsen, was dus geen vooraf bedachte keuze van de auteur, maar eerder een ingeving van het moment zelf.

Het eerste volume begint met een stroom herinneringen die de verteller in een toestand van halve slaperigheid brengt, namelijk het moment waarop het zelfbewustzijn voldoende in slaap is gewiegd opdat de rede niet meer tegen de meest onwaarschijnlijke dromen zou ingaan. Zo roept de verteller verschillende beelden op uit zijn kindertijd in het dorpje Combray. Aan de hand van deze herinneringen en gewaarwordingen reist hij er in zijn dromen terug heen.

Alleen de onvrijwillige herinnering aan een madeleine die is gedoopt in een kopje thee slaagt erin om de ingedommelde delen van zijn geheugen wakker te schudden en gevoelens en gewaarwordingen uit zijn kindertijd terug op te roepen. Combray, het eerste deel, toont alle beweegredenen van het geheugen aan die de rode draad vormen doorheen de hele roman. De ontknoping is te lezen in Le Temps retrouvé (De teruggevonden tijd). Un amour de Swann (Een liefde van Swann), het tweede deel van Du côté de chez Swann, wordt vaak afzonderlijk gepubliceerd. Dit werk gaat over de hartstochtelijke verwikkelingen tussen Charles Swann en Odette de Crécy. Het is een tamelijk kort en losstaand deel en wordt hierom beschouwd als een goede inleiding op Op zoek naar de verloren tijd. In het onderwijs komt dit deel dan ook het meest aan bod. Lezers van middelbare leeftijd of jongvolwassenen herkennen zich in dit portret van de verliefde Swann die zijn liefde voelt sterker worden naarmate hij meer tegenkanting ondervindt.

Het is niet eenvoudig om Op zoek naar de verloren tijd samen te vatten zonder er een karikatuur van te maken, zoals in de sketch van Monty Pythons Wedstrijd van beste samenvatting van Proust in 15 seconden. In wat volgt, worden de belangrijkste elementen van de verhaallijn bij wijze van geheugensteun op een rijtje gezet.

De verteller is een overgevoelige jongeman, geboren in een rijke familie op het einde van de 19de eeuw, die schrijver wil worden. Zijn mondaine aspiraties houden hem echter lange tijd van dit idee af. Aangetrokken door de schijn van de aristocratie en de idyllische vakantieplekjes buiten de stad (zoals Balbec, een stad in Normandië waarvoor de stad Cabourg model stond) ontdekt hij naarmate hij opgroeit ook de wereld, de liefde en de homoseksualiteit. Door ziekte en oorlog raakt hij van de wereld afgesloten en beseft hij hoe leeg zijn mondaine aspiraties wel waren en hoe hij door zijn aanleg voor het schrijverschap de verloren tijd vast kan leggen.

Prousts aanpak is paradoxaal: via een detailonderzoek van zijn eigen leven dat zich in een heel specifiek milieu afspeelt (de hogere bourgeoisie en de Franse aristocratie van het begin van de 20ste eeuw) snijdt Proust universele thema’s aan.

De filosofie en de esthetiek van zijn oeuvre kunnen echter niet volledig los worden gezien van hun tijd (de filosofie van Bergson, het impressionisme, de muziek van Debussy, de Dreyfusaffaire).

Zijn stijl blijft erg bijzonder. De lange zinnen en complexe constructies die zijn werk kenmerken doen denken aan de stijl van Saint-Simon, een van de auteurs die Proust het vaakst citeerde. De lezer moet enige moeite doen om de structuur en de eigenlijke betekenis van sommige zinnen te begrijpen. Volgens tijdsgenoten was dit ook de manier waarop hij praatte.

Met deze bijzondere stijl geeft Proust aan dat hij de realiteit wil begrijpen in al haar dimensies, volgens alle mogelijke percepties ervan en in alle facetten van het spectrum van de verschillende medespelers. Dit sluit naadloos aan bij een impressionistische benadering: de realiteit heeft slechts betekenis door de werkelijke of ingebeelde waarneming van het onderwerp.

Het spectrum bestaat niet alleen uit de perspectieven van de verschillende medespelers, maar ook uit de verschillende perspectieven van de auteur door de tijd heen: het huidige perspectief, het perspectief van het verleden, dat van het herleefde verleden. Het werk beperkt zich niet enkel tot die psychologische en zelfanalytische dimensie, maar analyseert ook, vaak op een genadeloze manier, de samenleving van zijn tijd: de tegenstellingen tussen de aristocratische sfeer van Guermantes, de burgerparvenu’s van Verdurin en de wereld van de bedienden, vertegenwoordigd door Françoise. Doorheen de verschillende volumes weerspiegelt Proust de geschiedenis van zijn tijd, gaande van de controversiële Dreyfusaffaire tot de Eerste Wereldoorlog.

Bron: Wikipedia.

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