Langue d’oc, troubadours et jongleurs

Langue d’oc, troubadours et jongleurs
Elle est essentiellement lyrique, et ne compte que des troubadours, chevaliers de la gaie science, et des jongleurs ou ménestrels populaires. Troubadours et jongleurs sont ambulants et cheminent d’un manoir à l’autre sous le doux ciel de Provence. Dans leurs chants fugitifs, ils fêtent Dieu, leur prince et leur dame, plus rarement la guerre. Leur poésie comprend chansons d’ amour, tensons ou dialogues en vers; lais ou complaintes: sirventes ou satires.

On nomme deux à trois cents troubadours; les plus connus sont au 12e siècle les suivants.

Guillaume de Poitiers, duc d’Aquitaine, prince cruel et immoral, puis croisé intrépide, enfin moine pénitent.

Bertrand de Born, seigneur de Hautefort en Périgord, chantre belliqueux et rude guerroyeur, suscite mainte querelle autour de lui, soulève contre leur père les fils de Henri II roi d’Angleterre, et excite Richard Cœur de Lion contre Philippe Auguste.

Richard Coeur de Lion

Richard I Coeur de Lion, duc d’Anjou, roi d’Angleterre, un des chefs de la 3e Croisade. Au retour, il est retenu prisonnier par le duc Léopold d’Autriche à Durrenstein, puis enfermé au Trifels par l’empereur Henri VI et délivré par Blondel. Dans ses exploits lointains, dans sa prison, il cultive la poésie provençale qu’il a connue à la cour d’Anjou dans sa jeunesse.

Au 14e siècle un essai de renaissance de la langue d’oc fut tenté par la fondation du Collège du gai Savoir, composé des Sept Troubadours de Toulouse. Ce collège institua des concours poétiques annuels, fixés au 3 mai et des Jeux Floraux, parce que le prix en était une fleur d’or.

Au 19e siècle, Frédéric Mistral, né en 1830, excellent poète lyrique et auteur d’une gracieuse épopée champêtre Miréio (Mireille), a fondé en 1854 la société des Félibres dans le but de ressusciter la littérature provençale.

Schmidt

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Les troubadours

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  • Salut d’Amour

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    Salut d’Amour

    Voici les vers d’un troubadour, Arnaut de Mareuil. Il vivait au XIIe siècle; préciser exactement serait imprudent. Il parcourait l’Aquitaine en chantant. Il s’éprit de la « très haute et très noble damoiselle Berthe », fille du puissant comte de Toulouse Raymond V. La jeune personne, coquette, le laissa chanter, mais quand vint son fiancé le seigneur d’Aragon, il chassa insolemment le malheureux poète.

    Dame, longtemps a que je cherche
    Comment vous dire ou vous mander
    Mon sentiment ou ma pensée
    Par moi-même ou par messager.
    Mais par messager point je n’ose,
    Telle peur j’ai qu’il ne vous fâche!
    Plutôt vous le dirais moi-même,
    Mais tant suis d’amour envahi
    En contemplant votre beauté,
    Tout me fuit ce que j’ai pensé!
    J’ai trouvé messager fidèle,
    Lettre scellée avec mon sceau.
    Nul messager n’est si courtois,
    Ni qui mieux cache toutes choses.
    Ce conseil m’a donné Amour,
    De qui tout jour j’attends secours:
    Amour m’a commandé d’écrire
    Ce que la bouche n’ose dire …

    Arnaut de Mareuil

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