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La littérature française proprement dite débute par l’épopée.

Ce sont des poèmes en vers assonancés[1] de dix syllabes, destinés à être chantés dans les châteaux ou les places publiques par les trouvères ou les jongleurs.

Ces oeuvres sont guerrières, elles développent le thème de l’honneur et sont d’inspiration religieuse.

Les récits ont toujours un fond plus ou moins historique auquel l’auteur a mêlé la fiction.

Citons parmi les plus célèbres :

a) dans le cycle de Charlemagne : la Chanson de Roland.
b) dans le cycle de Guillaume d’Orange : Aliscans.
c) dans le cycle de Doon de Mayence : Renaud de Montauban.

La Chanson de Roland (XIème siècle)

C’est la première et probablement la plus belle des épopées françaises. Elle comprend 4000 vers décasyllabiques.

Elle fait partie de la Geste de Charlemagne (= un ensemble de poèmes groupés autour d’un même héros).

1. Fond historique

En 778, l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne, est taillée en pièces par des montagnards basques. Un nommé Roland y trouve la mort.

2. Elaboration

Dans le poème les montagnards basques sont transformés en Sarrasins, des païens occupant l’Espagne et contre lesquels Charlemagne mène une croisade depuis sept ans déjà.
Les ennemis atteignent un nombre d’environ 400.000.
Un traître, Ganelon, s’est introduit dans l’histoire.
Roland, devenu dans l’histoire le neveu de Charlemagne, chasse les derniers ennemis, blessé mais victorieux, il sonne enfin du cor pour appeler à l’aide Charlemagne.
Celui-ci poursuit l’ennemi et l’anéantit.
De retour en France, le traître Ganelon sera jugé.

3. Thèmes

La Chanson de Roland glorifie l’héroïsme. Le héros se met au service de Dieu et de son Seigneur. Il est prêt à défendre sa patrie et les hommes dont il se sent responsable.

Le pathétique est né de la grandeur du héros qui lutte contre sa destinée.

4. Extrait (Texte adapté)

Roland sent que son temps est fini.
Tourné vers l’Espagne, il gît sur un tertre escarpé.
D’une main, il se frappe la poitrine :
“Dieu ! pardon ! par tes vertus
De mes péchés, les grands et les menus
Que j’ai faits depuis l’heure où je suis né
Jusqu’à ce jour où me voici abattu !”
Il a tendu son gant droit vers Dieu.
Les anges du ciel descendent à lui.
Le comte Roland se couche sous un pin.
Vers l’Espagne il a tourné son visage.
De plusieurs choses il se prie à se souvenir :
De tant de terres qui lui, baron, a conquises,
De douce France, des hommes de son lignage,
De Charlemagne, son seigneur, qui l’éleva.
Il ne peut s’empêcher d’en pleurer et d’en soupirer.
Mais il ne veut se mettre lui-même en oubli,
Il bat sa coulpe et implore la pitié de Dieu :
“Vrai père, toi qui jamais ne mentit,
Toi qui ressuscitas saint Lazare d’entre les morts,
Toi qui sauva Daniel des lions,
Préserves mon âme de tous les périls
A cause des péchés que je fis en ma vie.”
Il a offert à Dieu son gant droit.
Saint Gabriel le prit de sa main.
Sur son bras, il tient la tête inclinée
Et, les mains jointes, il est allé à sa fin.
Dieu lui envoie son ange Chérubin
Et avec lui saint Michel du Péril;
Avec eux ensemble, saint Gabriel y vient.
Ils portent l’âme du comte en paradis.

Exercice

1. Qu’est-ce qu’une chanson de geste ?
2. Quelles en sont les caractéristiques formelles ?
3. De quels éléments sont composées les épopées ?
4. Qui est Roland et que décrit-on dans l’extrait ?
5. Que signifie le vers 8 ? Où trouve-t-on l’origine de ce geste ?
6. Quels sont les sentiments qui animent Roland au moment de sa mort ?


[1] les épopées étaient écrites en laisses (strophes) de vers assonancés c’est-à-dire groupés
d’après l’identité sonore de la voyelle finale. Chaque nouvelle laisse reprend le point de départ de la laisse précédente sur une autre assonance.


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