Chrétien de Troyes (±1130-±1190)

perceval

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De tous les poètes qui exploitèrent et adaptèrent au goût français la «matière de Bretagne», le plus célèbre est Chrétien de Troyes. On ne sait presque rien de sa vie. Il eut pour protectrice et pour inspiratrice Marie, femme du comte Henri Ier de Champagne, fille de Louis VII et d’Aliénor d’Aquitaine. Peut-être Marie connut-elle par sa mère, devenue reine d’Angleterre dès 1154, des lais et des romans gallois ou anglo-normands qu’elle communiqua au poète français? Nous savons que celui-ci lui dut le sujet du Chevalier à la Charrette; nous savons aussi qu’il écrivit son Perceval d’après un original que lui fournit le comte de Flandre, Philippe d’Alsace, qui avait séjourné en Angleterre.

Les oeuvres de Chrétien ne sont pas toutes parvenues jusqu’à nous. Après Tristan (vers 1160), il donna Érec, Cligès, Lancelot ou le Chevalier à la Charrette (vers 1170), Yvain ou le Chevalier au Lion, Perceval (vers 1175). Ce dernier roman est resté inachevé, interrompu peut-être par la mort de l’auteur.

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Érec et Énide

Érec et Énide

Érec et Énide nous présente un beau modèle d’héroïsme conjugal. Érec est un grand seigneur dont la vaillance rehausse la noblesse. Il épouse par amour Énide, la fille d’un vavasseur, et vit entièrement dans la joie de l’amour. Énide lui rappelant ses prouesses passées, l’engage à ne pas oublier sa gloire. Érec dépité part, emmène Énide, accomplit des exploits et soumet la tendresse d’Énide à toutes sortes d’épreuves dont elle triomphe.

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Chrétien de Troyes

Ivain

Ivain

Ivain, ou le Chevalier au Lion, est l’histoire d’un chevalier qui, peu de temps après son mariage, quitte sa femme pour un délai déterminé. Diverses circonstances lui font oublier et dépasser le terme fixé. Ivain en est puni par une vie d’aventures et de misères, dans lesquelles il est soutenu par la compagnie d’un lion. Ivain, après avoir expié sa faute et accompli mainte prouesse, retrouve son épouse qui lui pardonne.

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Chrétien de Troyes

Chrétien de Troyes

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Chrestien de Troyes (mort en 1191)

Chrestien, que l’on surnomma de Troyes à cause de la ville où il vit le jour, eut une grande renommée parmi les poètes du XIIe siècle.

Il fut très populaire et vécut à la cour de Philippe d’Alsace. On connaît de lui Perceval, le Chevalier au Lion, Lancelot et Tristan.

Puisque vos plaist1, or m’escoutez
Cuer et oreilles me prestez;
Car parole ouïe est pardue2,
S’elle n’est de cuer entendue.
Quas3 oreilles vient la parole
Ainsi come li vens4 qui vole,
Mes ni areste5, ni demore,
Ains s’en part en molt petit d’ore6
Si li cuers n’est si esveillez7.

Qual8 prendre soit apareillez,
Et qu’il la puisse en son venir9
Prendre et enclorre, et retenir.
Les oreilles sont voie et doits10
Par où vient jusqu’au cuer la vois:
Et li cuers prent dedans le ventre
La vois qui par l’oreille y entre;
Et qui or me voudra entendre,
Cuer et oreilles me doit tendre11.


1. Puisqu’il vous plaît.
2. Parole entendue est perdue.
3. Aux oreilles.
4. Comme le vent.
5. Mais ne s’arrête.
6. Et s’en va en peu de temps.
7. Si le cœur n’est assez éveillé.
8. Pour être prêt à la saisir.
9. Au passage.
10. Sont un chemin et un conduit.
11. Me doit prêter.

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Chrétien de Troyes

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