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C’est un poème long de vingt-deux mille vers, qui se compose en réalité de deux parties distinctes dues à deux auteurs différents.

La première partie, conçue et écrite peu avant 1230, est de la main de Guillaume de Lorris.

Il se sert de l’allégorie, la personnification d’une idée abstraite, pour exposer les épreuves que lui avait imposées l’amour, pour composer un art d’aimer, un guide de la fin’ amor.

Il a recours au songe qui le conduit aux abords d’un splendide jardin dont l’accès est interdit. Il y pénètre cependant et s’approche du buisson où la Rose, en bouton, attire ses regards. Il n’a plus qu’une pensée, cueillir la fleur dont il est épris. Amour ne lui cache pas les peines qui l’attendent mais Bel-Accueil lui offre ses services. Danger, Honte, Male-Bouche et Peur font bonne garde et chassent le pauvre amant. Raison tente alors de l’arracher à sa passion. Mais Ami l’encourage et avec l’aide de Pitié et de Franchise, de Bel-Accueil et de Venus elle-même, il parvient à approcher ses lèvres de la Rose, un baiser qui l’inonde de délices. Pour bien peu de temps, car les gardiens du buisson se rassaisissent à l’appel de Jalousie qui fait emmurer les fleurs. Bel-Accueil est enfermée. L’amant se désespère.

C’est ici que Guillaume de Lorris a interrompu son poème et que Jean de Meun(g) a pris la relève.

L’allégorie se poursuit jusqu’à la conclusion attendue, mais dans un tout autre esprit.
L’Amant est enfin secouru par le Dieu d’Amour et parvient à libérer Bel-Accueil.
Bel-Accueil est enfermée une deuxième fois mais libérée de nouveau grâce à l’aide de Nature et Génius.
La Rose est enfin cueillie.

Cette histoire est constamment interrompue par de nombreuses et de longues digressions où Jean de Meun(g) expose ses idées révolutionnaires sur l’amour, la vie et la religion. Il y révèle ses conceptions plus bourgeoises et plus matérialistes de la vie.

Et si quelqu’un me contredit
Qui se vante de noblesse
Et dise que les gentilshommes,
Ainsi que le peuple les nomme,
Sont de meilleure condition
Par noblesse de naissance
Que ceux qui cultivent les terres
Ou qui vivent de leur labeur,
Je réponds que nul n’est noble
S’il n’est attentif aux vertus,
Ni vilain sauf par ses vices
Par lesquels il paraît insolent et niais.
Noblesse vient des qualités de coeur.
Car noblesse de lignage
N’est pas noblesse qui vaille
Si la bonté du coeur y faille.
Aussi, en eux doit reparaître
La grandeur d’âme de leurs parents
Qui conquirent la noblesse
Par leurs grands exploits.
Et quand du siècle ils trépassèrent
Toutes leurs vertus emportèrent,
Laissant aux héritiers l’avoir;
Car plus ne purent d’eux avoir :
Ils ont l’avoir et plus rien autre,
Ni noblesse ni valeur,
A moins qu’ils ne soient nobles
Par l’intelligence ou par la vertu.

1. Contre quel préjugé Jean de Meun(g) réagit-il ?
2. Que prétend-il au vers 9 ?
3. Que reproche-t-il à la plupart des nobles ?


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Le roman de la Rose (13e siècle), épopée allégorique en deux parties très distinctes. — La 1ière partie (1220) qui est galante, compte 4000 vers et a pour auteur Guillaume de Lorris. C’est l’art d’aimer développé avec une grâce naïve. En rêve le poète Amant voit dans un jardin un bouton de rose qu’il essaie en vain de cueillir. — La 2ième partie (1270) qui est satirique, compte 20000 vers et a pour auteur Jean de Meung. Le poète obtient bien la rose et se réveille, mais non sans avoir subi d’interminables dissertations scientifiques et maintes saillies haineuses et indécentes contre princes, prêtres et femmes.

Schmidt

Le Roman de la Rose

Dans beaucoup d’oeuvres qui ont une tendance moralisatrice, l’auteur use d’un procédé très en faveur dans toute l’Europe du moyen âge, à savoir de l’allégorie. Les clercs y joignaient le goût de l’abstraction. C’est ainsi qu’ils font des sentiments, des vertus et des vices des personnages symboliques qui se mettent en voyage, se livrent des batailles, etc. Malgré la froideur de ces pâles abstractions il faut admirer souvent une connaissance assez fine de l’âme humaine.

Le chef d’oeuvre de cette littérature allégorique est Le Roman de la Rose. On a réuni sous ce titre deux oeuvres d’esprit entièrement différent, composés à quarante ans d’intervalle. La première partie, qui compte plus de 4000 vers, est l’ouvrage de Guillaume de Lorris (écrit entre 1225 et 1230). L’auteur suppose qu’il a un songe. Un matin de mai il rencontre un jardin, dont le mur crénelé est orné de dix statues peintes: Haine, Félonie, Convoitise, Avarice, Vieillesse etc. Conduit par Dame Oiseuse (personnification de l’oisiveté) il pénètre dans un beau jardin, le royaume de l’amour, où le dieu le perce de cinq flèches et lui dicte ses commandements. Le poète, guidé par Bel-Accueil, s’approche de la Rose qui est gardée par Honte, Peur, Danger, Malebouche (médisance) et lui donne un baiser. Jalousie élève alors une forteresse, où elle enferme Bel-Accueil. Le poète se lamente et le poème est interrompu.

Guillaume de Lorris a adressé son poème à la société aristocratique de son temps, à qui il a voulu donner un art d’aimer, où soient exposées les règles de l’amour courtois basées sur l’adoration et le respect de la femme.

Les 18000 vers que Jean de Meung a ajoutés au poème de son devancier (1270) sont animés d’un tout autre esprit. L’auteur est un bourgeois positif, qui méprise les femmes, un hardi penseur, qui ne respecte ni l’Église, ni les grands, ni les rois. C’est aussi un grand savant qui répand à profusion toute la science humaine dans son oeuvre. Tout en reprenant donc la fiction de son prédécesseur et en la conduisant à une fin toujours reculée, il trouve l’occasion de nous parler longuement de la philosophie, de la théologie, de l’astronomie, de l’origine du mariage, du pouvoir royal etc. Le résultat en est une oeuvre touffue, incohérente, que la verve audacieuse du satirique ne réussit que rarement à rendre intéressante.

Par le double caractère de ces deux parties, Le Roman de la Rose a connu un immense succès, qui s’est prolongé jusqu’au seizième siècle.

Le Roman de la Rose



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