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Le latin vulgaire, vu dans cette gravure politique à Pompéi, parlé par le peuple de l'Empire romain, était différent du latin classique de la littérature.
Le français vient du latin vulgaire : c’est le latin parlé par les soldats, les commerçants qui suivaient l’armée et les fonctionnaires qui s’installaient dans les nouvelles provinces de l’Empire romain. Ce latin parlé diffère du latin classique, parlé et écrit à Rome.

Ce latin a subi de nombreuses transformations avant d’arriver à ce qu’on appelle le roman. On y distingue deux groupes : la langue d’Oc (dans le Sud)[1] et la langue d’Oïl (dans le Nord)[2].

Chacune de ces langues se subdivise encore en dialectes.

Ce n’est qu’au cours du XVème siècle que le dialecte de l’Ile-de-France l’emporte et deviendra le français.

Bien que constitué de mots provenant de l’altération de termes du latin populaire, le vocabulaire français actuel comprend de nombreux mots d’origine germanique auxquels se sont ajoutés plus tard d’autres mots étrangers (italien, anglais, espagnol, arabe etc.) et des mots latins dans leur forme classique. C’est à la Renaissance que nous devons des mots comme “séparer” du latin “separare” qui était devenu en ancien français “sevrer”. C’est ce qu’on appelle les doublets.


[1] du latin hoc.
[2] du latin hoc ille.


Les Serments de Strasbourg

Les Serments de Strasbourg
Les premiers textes en langue romane tels que les Serments de Strasbourg ont une valeur surtout linguistique.

Les Serments de Strasbourg (842)

Un texte prononcé par Louis le Germanique au moment du partage de l’Empire de Charlemagne et qui nous a été transmis par l’historien Nithard.

Texte original
Pro deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, d’ist di ni avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo, et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dift, in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui meon vol cist meon fradre Karle in damno sit.
Texte traduit en français
Pour l’amour de Dieu et pour le salut commun du peuple et le nôtre, à partir de ce jour, autant que Dieu m’en donne le savoir et le pouvoir, je soutiendrai mon frère Charles que voici, par mon aide et en chaque chose, comme on doit justement soutenir son frère, à condition qu’il m’en fasse autant, et avec Lothaire je ne prendrai jamais aucun engagement qui, par ma volonté, soit au détriment de mon frère Charles que voici.

Exercice

1. A quel événement historique le texte se rapporte-t-il ?
2. Quels sont les trois personnages mentionnés dans ce texte ?
3. Qu’est-ce qu’on se promet

Les autres textes du début du français sont d’origine religieuse telle la Cantilène de Sainte Eulalie (IXème siècle) et la Vie de Saint Alexis (XIème siècle).


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Les origines du français

Origine du français. — Les Gaulois soumis par les Romains, au 1ier siècle avant notre ère, oublièrent leur propre langue, le celtique, en employant celle de leurs vainqueurs, le latin. Du celtique il n’est resté que de rares vestiges, noms géographiques (ex. Rouen, Verdun) et noms communs (50 environ, p.ex. alouette, bec, lieue).

Lors des grandes invasions (Ve siècle), la langue des Gallo-Romains s’imposa aux Germains, qui l’adoptèrent à leur tour; ils n’y ont introduit qu’un petit nombre de mots nouveaux (400 environ).

Le roman de France. — Les soldats et les commerçants venus d’Italie, qui apprirent aux Gaulois à parler latin, usaient d’un idiome plus simple que le latin littéraire. En Gaule, ce latin «populaire» se simplifia encore, se modifia dans la bouche des Gallo-Romains et des Germains fixés sur notre sol: il devint une langue romane (l’italien, l’espagnol sont aussi des langues romanes). La transformation fut naturellement très lente à s’effectuer. Le texte du serment que, à Strasbourg, en 842, Louis le Germanique et ses soldats prononcèrent pour être compris des soldats de Charles le Chauve, frère et allié de Louis, est le plus ancien spécimen du roman de notre pays.

Du latin au vieux français. — L’étude complète de la transformation du latin en vieux français est réservée à la «philologie»; en voici seulement les principaux caractères.

Dans tout mot parlé, une syllabe est plus accentuée que les autres: elle reçoit l’accent tonique; en français moderne c’est la dernière, en latin c’était l’avant-dernière ou la précédente. Un des faits les plus remarquables en philologie romane est la disparition de la voyelle qui précède et de celle qui suit l’accent tonique principal du mot latin: bonitate(m) > bonté; monasteriu(m) > monstier.

Il se produisit aussi:

-des transformations de voyelles: patre(m) > père; rosa > rose;
-des diphtongaisons: pede(m) > pied; pira > poire;
-le développement de certains sons vocaliques: fame(m) > faim;
-la chute ou la transformation de consonnes : caballu(m) > cheval; patre(m) > père.

Le latin est une langue à déclinaisons, c’est-à-dire que, suivant le rôle joué dans la proposition par le nom, l’adjectif et le pronom, leur finale change : murus (le mur) est sujet ; murum, complément direct ; muri, muro ont leur valeur fonctionnelle propre; il en est de même au pluriel pour muri, muros, murorum, muros.

De plus, la déclinaison n’est pas uniforme, elle offre des types variés (cf. l’allemand, le russe). Suivant une loi générale de simplification des langues parlées, le roman a réduit les déclinaisons à moins de types et de formes (cas).

Deux cas seulement furent conservés: pour le sujet et pour le régime.

-cas sujet: singulier li murs pluriel li mur
-cas régime: — lo mur — los murs.

Le travail de simplification continuant, le cas régime a prédominé et seul est resté: de là vient qu’en français l’s est la marque distinctive du pluriel.

Les conjugaisons subirent de leur côté des transformations et simplifications.

Travail de la langue pendant tout le moyen âge. – La morphologie et la syntaxe du français ont été en travail pendant tout le moyen âge.

a) morphologie: c’est au XIVe siècle seulement que s’achève la simplification de la déclinaison nominale réduite à la distinction des nombres; au XIVe et au XVe siècle, e devient finale de verbes à la 1re personne du présent de l’indicatif;

b) syntaxe: au XIIIe siècle se répand l’usage de l’article défini; au XVe siècle encore, le pronom sujet manque souvent; l’usage des prépositions, des négations subit des fluctuations nombreuses.

Il en est de même pour l’ordre des mots: en latin, comme la désinence des mots variables renseignait sur leur fonction, leur place dans la proposition n’était pas fixée; dans le vieux français, tant que la déclinaison a vécu, la désinence distinguait le sujet du régime; mais, la déclinaison disparue, la place du mot a toute son importance pour le sens. L’ordre moderne des mots dans la proposition ne s’établit que peu à peu.

Langue d’oïl et langue d’oc. — Il ne faudrait d’ailleurs pas s’imaginer que la transformation du latin sur le sol de l’ancienne Gaule ait abouti à une langue uniforme. Chaque région a son parler, et plus grande est la distance, en allant du nord au midi, plus accentuées sont les différences entre les dialectes. L’ensemble des dialectes du Nord, à savoir de Picardie, de Normandie, de Poitou, d’Ile-de-France, de Champagne et de Bourgogne, est désigné sous le nom de langue d’oïl (= oui dans ces dialectes); l’un d’eux, celui d’Ile-de-France, le français, était appelé à devenir notre langue nationale. Les provinces méridionales sont de langue d’oc ( = oui dans les dialectes de ces provinces).


Source: Précis 01
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