I2e – 16e siècle: Formation et caractère de la langue française.
Les anciens Gaulois parlaient le celtique : la conquête romaine (50 av. J. C.) y substitua le latin vulgaire ; les invasions franques (5e s. apr. J. C.) y mêlèrent quelques éléments germaniques.


De ce mélange naquit la langue romane, dont le plus ancien monument est le fameux Serment de Strasbourg, prêté en 842 par Louis le Germanique à son frère Charles le Chauve.

La langue romane était dure et heurtée au nord de la Loire, langue d’oïl ; douce et sonore au sud, langue d’oc. (oïl, oc, oui exprimé différemment.)

La langue d’oc fleurit au 11e siècle avec le comté de Toulouse, s’exalta au 12e avec les Croisades, tomba au 13e avec le même comté de Toulouse à l’issue de la guerre des Albigeois (1229) et descendit au rang de patois provençal.

La langue d’oïl (ou roman-wallon), entravée par les troubles politiques du nord de la France, se développa plus tardivement, subit l’action des invasions normandes qui l’importèrent en Angleterre, et devint insensiblement la langue française.

La langue est le miroir d’un peuple. Le français se ressent de sa double origine : il unit au sens pratique latin la verve gauloise, fin mélange d’esprit, de gaîté et de raillerie. La littérature française porte aussi ce double caractère. Gauloise de fond, elle se plaît dans le jeu brillant de la pensée, la grâce légère du récit et la plaisanterie fine et enjouée. Latine de forme, elle séduit par la clarté et l’élégance du style et une rare justesse d’expression.

Les genres dans lesquels elle excelle sont le conte léger, la satire et la comédie.

Schmidt

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Les Serments de Strasbourg
Serment de Louis le Germanique
« Pro Deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, d’ist di en avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dift, in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui meon vol cist meon fradre Karle in damno sit. »

Pour l’amour de Dieu et pour notre commun salut et celui du peuple chrétien, dorénavant, autant que Dieu savoir et pouvoir me donnera, je soutiendrai mon frère Charles, ici présent, par aide et en toute chose, comme il est juste que l’on soutienne son frère, tant qu’il fera de même pour moi; et jamais avec Lothaire ne ferai traité qui, de ma volonté, soit préjudiciable à mon frère Charles.

Traduction en français moderne: JMJA98.



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