PRINCIPALES FIGURES DE RHETORIQUE

La Rhétorique a codifié des tours d’expression permettant d’obtenir des effets de sens particuliers : on les nomme « figures » de rhétorique (ou « figures de style »). On les distingue notamment en figures de mots (dont celles qui portent sur un seul mot, les tropes : la catachrèse, la métaphore, la métonymie, la synecdoque, etc.). On ne peut spécifier a priori les effets de sens que produisent les figures, puisqu’ils dépendent du contexte dans lequel elles sont employées. Mais on retiendra que toutes relèvent de deux processus fondamentaux :
– viser à des effets d’insistance (l’hyperbole, la question oratoire, etc.),
– susciter des sens au second degré (les tropes, mais aussi l’ironie, la litote, etc.).
Les figures se combinent souvent entre elles : une périphrase peut utiliser une métaphore, une antithèse peut se construire sur une hyperbole, etc.


allégorie (une)
présente une pensée sous l’image d’une chose, qui a donc un sens littéral et un sens spirituel à la fois (elle prend valeur de symbole).

Dans La Peste de Camus, le Père Paneloux décrit la maladie comme un fléau qui tournoie au-dessus de la ville.

Elle peut consister aussi à personnifier et faire agir des abstractions (la vertu, la justice, etc.

La République nous appelle : … La liberté frôle nos pas.


allusion (une)
formule les choses de telle façon que l’interlocuteur perçoive un rapport avec d’autres choses qu’on ne dit pas, mais qu’il connaît, par sa culture ou sa situation.

Le favori d’un roi, menacé de disgrâce, croise en descendant de chez le roi, un de ses rivaux plus heureux; celui-ci lui demande quelles nouvelles.
Rien, sinon que je descends et que vous montez.


anacoluthe (une)
rupture de construction

Et pleurés du vieillard, il grava sur leur tombe (La Fontaine, XI8)


anaphore (une)
consiste à répéter au début d’une phrase (ou d’un membre de phrase, ou d’un vers) une même expression ou une même construction.

Ce qu’il faut de malheur pour la moindre chansonj
Ce qu’il faut de regret pour payer un frisson
Ce qu’il faut de sanglot pour un air de guitare. (…) (Aragon)


antanaclase (une)
consiste à répéter un mot pris en deux sens différents.

La France compte 35 millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement.


antithèse (une)
souligne l’opposition de deux choses ou de deux idées en les rapprochant.

Guerre et Paix (titre d’un roman de Tolstoî)
Capable du meilleur et du pire.


apostrophe (une)
s’adresse directement à un personnage, une idée, un objet, une force surnaturelle, en le prenant à parti ou à témoin.

Toi, l’Auvergnat, quand tu mourras… (Brassens)
Couché sous tes ombrages verts, Gastine je te chante (Ronsard)


asyndète (une)
rapproche des mots de même catégorie grammaticale, sans mot de liaison (voir polysyndète). But : donner plus de force.

Travail, famille, patrie
Du pain, du vin, du Boursin


chiasme (un)
construction croisée, parallélisme inversé

C’est bonnet blanc et blanc bonnet.


comparaison (une)
rapproche une chose d’une autre pour en souligner l’idée, par ressemblance ou différence. Le terme initial est le « comparé », le second le « comparant ».

Elle pleure comme une fontaine.
Oh la belle lune grosse comme une fortune ! (Laforgue)


ellipse (une)
raccourcit l’expression, en supprimant des mots dans une construction sans en obscurcir le sens. Ce procédé peut aussi affecter des passages entiers dans des récits ou des discours.

Je t’aimais, inconstant, qu’aurais-je fait fidèle ? (Racine)
= je t’aimais alors même que tu étais inconstant; que n’aurais-je pas fait si tu avais été fidèle !


euphémisme (un)
expression atténuée ou voilée d’une réalité déplaisante ou pénible. Ne pas confondre avec la litote.

Il n’est plus (= il est mort).


gradation (une)
présente une suite d’idées, de sentiments, de qualités, dans un ordre tel que chacun est plus fort (crescendo) ou plus faible (descrescendo) que celui qui le précède.

C’est un roc, c’est un pic, c’est un cap (E. Rostand). (Il s’agit du nez de Cyrano)


hyperbole (une)
présente l’extrême grandeur ou l’extrême petitesse (en qualité ou en quantité) avec excès ou exagération.

Un géant (pour : un homme de grande taille).
Une fée (pour : une femme aux multiples qualités, qui atteint à la perfection).


ironie (une) ou antiphrase
consiste à dire, sous forme de raillerie, le contraire de ce qu’on pense, ou qu’on veut faire penser. L’effet de l’ironie tient au ton et au contexte.

C’est malin !
Je le déclare donc : Quinomet est un Virgile. (Boileau ; pour lui Quinomet est un auteur sans talent, tout le contraire d’un Virgile)


litote (une)
consiste à dire le moins pour faire comprendre le plus : au lieu d’affirmer positivement une chose, on nie la chose contraire ou on la diminue, pour donner plus de force à l’affirmation ainsi déguisée.

Va, je ne te hais point (Chimène à Rodrigue dans le Cid de Corneille) pour dire : sois assuré que je t’aime.
Son appartement n’est pas mal (= est joli et confortable).
Il est bien fatigué (= gravement malade)


métaphore (une)
est une sorte de comparaison sous-entendue. Elle consiste à désigner une chose en utilisant un terme qui en désigne un autre dans son sens littéral.

Le soir de la vie (pour : la vieillesse) ; la vieillesse est au déclin de la vie, comme le soir est au déclin du jour.


métonymie (une)
désigne une chose par un terme qui en désigne habituellement un autre, unie à la première par une relation de nécessité logique : désigner la cause pour l’effet, le contenant pour le contenu, le physique pour le moral, le lieu de la chose pour la chose elle-même, etc. et vice-versa.

Un Picasso (métonymie de la cause : le producteur, pour l’effet : le tableau)
Et ce fer que mon bras ne peut plus soutenir (Corneille)


mythologisme (un)
emprunte à la mythologie des expressions pour les substituer à celles du langage ordinaire.

Le soleil avait achevé plus de la moitié de sa course et son char, ayant attrapé le penchant du monde, roulait plus vite qu’il ne voulait (Scarron.).

Allusion ici parodique, au char de Phébus, dieu du soleil et de la lumière).


redondance (une)
répétition de mots. Elle sert à insister sur quelque chose.


tautologie (une)
répéter une même proposition.

Un homme est un homme.


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Source : Le Web pédagogique

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