Les deux rats, le renard et l'oeuf (illustration de Benjamin Rabier)
Petit récit qui cache une moralité sous le voile d’une fiction et dans lequel d’ordinaire les animaux sont les personnages.
L’apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l’une le corps, l’autre l’âme ; le corps est la fable ; l’âme, la moralité. – Jean de LA FONTAINE (1621-1695)
Aristote n’admet dans la fable que les animaux. – Jean de LA FONTAINE (1621-1695)
Les fables ne sont pas ce qu’elles semblent être ; Le plus simple animal nous y tient lieu de maître. – Jean de LA FONTAINE (1621-1695)
On doute que les fables d’Ésope, telles que nous les avons, soient toutes de lui, du moins pour l’expression ; on en attribue une grande partie à Planude, qui a écrit sa vie, et qui vivait dans le XIVe siècle – Charles ROLLIN (1661-1741)
Dans la plupart de ses fables il [la Fontaine] est infiniment au-dessus de tous ceux qui ont écrit avant et après lui, en quelque langue que ce puisse être. – VOLTAIRE (1694-1778)

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La fable ou apologue est un court récit fictif et allégorique, généralement badin ou dialogué, destiné à mettre en lumière une vérité morale. C’est une narration dramatisée.

Ainsi, dans la fable Le vieillard et les trois jeunes hommes, La Fontaine expose simplement le cas de trois jeunes gens qui comptaient bien survivre à un octogénaire et qui, tous trois, moururent avant lui. Le poète ne formule pas d’une façon explicite le raisonnement que ce fait suggère et dont la conclusion est: Nul ne peut se promettre de lendemain; il se contente de l’occasionner dans l’esprit du lecteur en lui fournissant les données.

La fable fait agir:
1° Soit les hommes.
Exemples: La Laitière et le Pot au lait; L’Huître et les Plaideurs; Le Savetier et le Financier.
2° Soit des hommes et des animaux ou choses.
Exemples: Le Petit Poisson et le Pêcheur; Le Gland et la Citrouille.
3° Soit rien que des animaux, des végétaux, des êtres inanimés.
Exemples: Le Lièvre et la Tortue; Le Chêne et le Roseau; Le Pot de terre et le Pot de fer.

Les acteurs, mis en scène dans la fable, quelle que soit leur nature:
1° Agissent, parlent, pensent en êtres doués de raison et de volonté; ce sont ou bien de vraies personnes ou bien des personnifications.
2° Ils incarnent un caractère, une vertu, un travers, dont, par leurs moeurs ou leurs qualités, ils sont les symboles plus ou moins naturels.
Ainsi, dans les exemples cités, la laitière représente les gens irréfléchis qui prennent leurs rêves pour des réalités; le chêne personnifie la force présomptueuse; le roseau, la faiblesse, etc.
3° Ils accomplissent une action plus ou moins mouvementée.

L’étude d’un apologue doit se faire à deux points de vue. Il faut l’envisager:
a) Comme narration oratoire.
Quelle est la thèse de l’auteur et que faut-il en penser? – Les faits sont-ils conçus et présentés de manière à en donner la persuasion? – Pourquoi?
Exemple: Dans la fable Le Loup et l’Agneau, quelle est l’intention de La Fontaine? Il énonce cette proposition: « La raison du plus fort est toujours la meilleure. » Mais veut-il constater qu’en fait, il en est ainsi, c’est-à-dire que les forts dominent les faibles? Ou bien prétend-il que « la force doit primer le droit« , et que c’est là un principe juste, fondé?
Qui a le beau rôle, le loup ou l’agneau? Que faut-il en conclure?

b) Comme narration poétique.
Quels sont les caractères des personnages? – Sont-ils vrais, vivants, soutenus? – Les personnifications sont-elles heureuses, faites avec discernement? – Quelle est l’action? – Comment est-elle engagée, développée, dénouée?

Remarque. – Au sujet de La Fontaine, il y a lieu d’étudier les questions suivantes:
1° Faire la synthèse des principes moraux qu’il inculque dans ses fables, et en juger la valeur.
2° Il a retracé dans ses fables le tableau de la société de son siècle et de son pays; ce tableau est-il fidèle?

D’après: Jules Verest, Manuel de Littérature, Paris, Desclée De Brouwer, 1931. (Nous avons apporté de légères modifications au texte original. Ce texte ne peut donc pas servir de référence à cette oeuvre.)

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