Le fantastique

La littérature fantastique, du grec phantasein : faire voir une apparence, créer une illusion, est caractérisée par l’irruption d’un phénomène inexplicable dans le monde réel. Un récit fantastique repose sur une transgression des lois naturelles par l’intrusion d’éléments surnaturels ; l’explication en reste incertaine et provoque le doute voir le malaise chez le lecteur.

Les apparitions et animations

Le fantastique est peuplé d’apparitions (formes indécises, spectres) et d’objets qui s’animent (une cafetière, un presse-papier, des meubles…). Ces indices visibles d’une vie  » impossible  » sèment un doute et l’angoisse. On trouve aussi le thème du double obsédant (le Horla). Une variante de l’animation est la résurrection, ou le vampire.

Le fantastique, est un domaine littéraire extrêmement vaste . C’est le genre de l’incertitude, l’ambiguïté, l’hésitation, l’entre-deux dans lequel se trouve le lecteur lorsqu’il s’agit d’interpréter les faits qui font la spécificité du genre fantastique.
Dans la littérature fantastique, le rationnel est dépassé, et les esprits cartésiens ne sont pas à l’aise ; c’est une autre « réalité » qui s’impose, celle du Diable, des revenants, des voyages métaphysiques et de toute une mythologie trop hâtivement rangée parmi les fables.

C’est la mise en scène de l’étonnante et effrayante irruption du surnaturel dans le quotidien.
Le pouvoir magique de certains objets.

Le talisman est un élément important. Balzac l’utilise dans La Peau de chagrin.
Une peau magique semble capable d’exaucer tous les désirs du héros, en échange de sa vie. On en arrive ainsi au pacte.

Le thème majeur du Faust de Goethe, le pacte est un motif fréquent de fantastique. Un contrat passé avec les forces démoniaques garantit puissances, bonheur, éternité en échange de l’âme.

A BIEN DISTINGUER :

-le merveilleux : le surnaturel est d’emblée accepté par le narrateur et les personnages.
-la science-fiction : le récit possède une trame qui s’appuie sur des données ou des projections scientifiques
-le fantasy : met en place des mondes imaginaires dont les scènes, les lieux et les personnages sontsouvent tirés des mythologies nordiques ou d’Europe centrale.

SCHÉMA D’ECRITURE D’UN RECIT FANTASTIQUE :

a) Situation initiale ancrée dans le réel
b) Transgression
c) aventure fantastique, malédiction
d) situation finale

Le pacte avec les puissances occultes.

Les pouvoirs magiques des êtres.

Il arrive enfin que certains êtres soient eux-mêmes, à leur insu, dotés de pouvoirs extraordinaires : double vue, prémonition, métamorphose ou … capacité de passer à travers les murs comme le personnage de M.Aymé, au 20ème siècle. A travers ces différents thèmes, on perçoit que la littérature fantastique ouvre les portes d’un unique univers d’  » inquiétante étrangeté « . Elle est aidée en cela par l’utilisation de procédés qui relèvent de la structure et de l’écriture des récits.

C’est tout le contraire dans le récit fantastique : dans un monde qui est bien le notre, celui que nous connaissons, sans vampires ou diables se produit un événement qui ne peut s’expliquer de manière rationnelle.

auteur: Sylvie Bedfert Le Web pédagogique
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  • L’étrange, le fantastique et le merveilleux

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    Le fantastique est né en Angleterre au XVIIIe siècle. Des œuvres célèbres marquent cette genèse indissociable du roman noir ou gothique. Le château d’Otrante d’Horace Walpole (1764), Les mystères d’Udolphe (1794) de Ann Radcliff, Le Moine (1796) de Matthew Grégory Lewis, cultivent la terreur et le macabre jusqu’à l’excès; fantômes, squelettes, vampires, diables, couvents hantés, cimetières au clair de lune sont les ingrédients du genre.

    Au XIXe siècle, âge d’or du fantastique, le genre ne cesse de s’affiner et brille de toutes ses facettes, du récit d’épouvante au fantastique «psychologique»… Deux grandes tendances s’affirment et coexistent: le fantastique traditionnel, dans la lignée du roman noir et le fantastique fondé sur l’ambiguïté et l’hésitation. Les principaux représentants du fantastique traditionnel sont nombreux et leurs œuvres ont grandement influencé la littérature étrangère, dont la française. Les titres célèbres datent de cette époque: Frankenstein (1818) de Mary Shelley où l’imagination scientifique forge le nouveau mythe du savant fou, Melmoth ou l’homme errant (1820) de Charles Robert Maturin (grand oncle maternel d’Oscar Wilde), qui relance le mythe du Juif errant et célèbre la frénésie comme style de vie, Carmilla de Le Fanu qui reprend le thème traditionnel du vampire, mais surtout Dracula (1871) de Stoker, premier roman entièrement consacré au vampirisme.

    Les principaux motifs de la littérature fantastique sont magistralement illustrés tout au long du XIXe siècle en autant de chefs-d’œuvres du genre: le dédoublement – en chair et en os – de la personne dans L’étrange cas du docteur Jekill de Stevenson, publié en 1885; le portrait aux pouvoirs maléfiques dans Le portrait de Dorian Gray d’Oscar WiIde (1890); l’altération du temps et la projection dans le futur avec la Machine à explorer le temps, de Herbert George Wells (1885) et du même auteur la métamorphose de l’animal en homme dans L’île du docteur Moreau (1896); ou encore l’invasion de la terre par les Martiens dans La Guerre des mondes (1898), préfigurant la science-fiction.

    Le fantastique fondé sur l’ambiguïté et l’hésitation est surtout présent dans la deuxième moitié du siècle: explication rationnelle et explication surnaturelle des phénomènes extraordinaires se côtoient tout au long de l’œuvre. L’un des maîtres de l’ambiguïté fantastique est Henry James, Anglais d’origine américaine. Le célèbre Tour d’écrou (1898) est à la fois une histoire de revenants et un récit réaliste pouvant donner lieu à une interprétation psychanalytique.

    Au XXe siècle, le fantastique évolue, le surnaturel disparaît ou s’atténue, l’insolite, l’onirisme prévalent. D’autre part, le fantastique se fond dans un genre plus large, l’ «heroic fantasy», dont Le Seigneur des anneaux (1954-1956) de Tolkien, faisant revivre les origines de l’humanité, est le chef-d’œuvre du genre. Généralement, le fantastique a tendance a être supplanté par la science-fiction et s’épanouit surtout au cinéma qui, grâce à la puissance évocatrice de l’image et aux prouesses techniques, impose avec encore plus d’efficacité que la littérature, un univers imaginaire où règnent monstres, vampires et extraterrestres.

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