François Rabelais

Image

François Rabelais (1494-1553)

Lorsque le curé de Meudon publia les Faits et dicts héroïques de Pantagruel, ce n’était point chose facile de parler raisonnablement d’éducation. Rabelais conçut pourtant un plan d’éducation libérale, douce, humaine.


Gargantua, père de Pantagruel, vient de soustraire son fils aux pédants du Moyen Age qui l’ont rendu fou, niais, tout rêveux et rassoté. Pantagruel est confié à Ponocratès qui refait son éducation et lui rend l’étude intéressante par la nature et la variété de ses objets. Au terme de cette éducation si humainement conduite, Gargantua fait voyager son fils et, au moment du départ, lui adresse ses derniers conseils: « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. – Fuis les compagnies auxquelles point ne veux ressembler… »

Source

François Rabelais

Publicités

Clément Marot

Image

Clément Marot (1496-1544)

Clément Marot, « Roy de poësie et poëte de Roy », doit être regardé comme le premier poète, en date, de la France moderne.

« C’est, dit Sainte-Beuve, en lisant les vers de Marot qu’on a, pour la première fois, le sentiment bien net et bien vif qu’on est sorti des amphigouris de la vieille langue, des broussailles gauloises. »

Au XVIIe siècle, le Grand Siècle, Boileau dira: « Imitez de Marot l’élégant badinage. »

Source

Clément Marot

Pascal

Image

Blaise Pascal (1623-1662)

Illustre philosophe, mathématicien et physicien français, né à Clermont. À l’âge de douze ans, il retrouva, sans le secours d’aucun livre, les propositions d’Euclide; à seize ans, il écrivit un traité des sections coniques qui étonna Descartes; à dix-huit ans, il inventa une machine à calculer. On lui doit les lois de la pesanteur de l’air et de l’équilibre des liquides, le triangle arithmétique, le calcul des probabilités, la presse hydraulique, la théorie de la roulette.

Un jour, au pont de Neuilly, il fut victime d’un accident à la suite duquel il eut des hallucinations qui lui faisaient souvent apercevoir un abîme ouvert près de lui pour l’engloutir. Cet accident tourna son esprit vers la religion. Il se retira à Port-Royal, prit parti pour les Jansénistes, et dans les Provinciales accabla ses adversaires des traits les plus mordants. Il mourut avant d’avoir achevé une apologie de la religion chrétienne, dont les fragments ont été publiés sous le titre de Pensées.

On rappelle l’abîme de Pascal pour caractériser certains problèmes sociaux ou moraux qui effraient par leur profondeur ceux qui cherchent à les sonder.

On fait également allusion à ce passage des Pensées: « Cromwell allait ravager toute la chrétienté; la famille royale était perdue et la sienne à jamais puissante, sans un petit grain de sable qui se mit dans son urètre. Rome même allait trembler sous lui; mais ce petit gravier, qui n’était rien ailleurs, mis en cet endroit, le voilà mort, sa famille abaissée et le roi rétabli. » On sait en effet que Cromwell mourut de la gravelle. Le grain de sable de Pascal est devenu une locution originale pour exprimer que les petites causes peuvent engendrer de grands effets.

Autre allusion à ce passage des Pensées: « On ne voit presque rien de juste ou d’injuste qui ne change de qualité en changeant de climat. Trois degrés d’élévation du pôle renversent toute la jurisprudence. Un méridien décide de la vérité. Plaisante justice, qu’une rivière ou une montagne borne! Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà! » Ces mots servent à expliquer la différence que les hommes ou les peuples attachent aux idées opposées de bien et de mal, d’erreur et de vérité.

Source

Pascal

Chrétien de Troyes

Image

Chrestien de Troyes (mort en 1191)

Chrestien, que l’on surnomma de Troyes à cause de la ville où il vit le jour, eut une grande renommée parmi les poètes du XIIe siècle.

Il fut très populaire et vécut à la cour de Philippe d’Alsace. On connaît de lui Perceval, le Chevalier au Lion, Lancelot et Tristan.

Puisque vos plaist1, or m’escoutez
Cuer et oreilles me prestez;
Car parole ouïe est pardue2,
S’elle n’est de cuer entendue.
Quas3 oreilles vient la parole
Ainsi come li vens4 qui vole,
Mes ni areste5, ni demore,
Ains s’en part en molt petit d’ore6
Si li cuers n’est si esveillez7.

Qual8 prendre soit apareillez,
Et qu’il la puisse en son venir9
Prendre et enclorre, et retenir.
Les oreilles sont voie et doits10
Par où vient jusqu’au cuer la vois:
Et li cuers prent dedans le ventre
La vois qui par l’oreille y entre;
Et qui or me voudra entendre,
Cuer et oreilles me doit tendre11.


1. Puisqu’il vous plaît.
2. Parole entendue est perdue.
3. Aux oreilles.
4. Comme le vent.
5. Mais ne s’arrête.
6. Et s’en va en peu de temps.
7. Si le cœur n’est assez éveillé.
8. Pour être prêt à la saisir.
9. Au passage.
10. Sont un chemin et un conduit.
11. Me doit prêter.

Source

Chrétien de Troyes