Les enchantements de la lecture

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Aurore Dupin, qui épousa le baron Dudevant, se consacra de bonne heure à la carrière littéraire. Elle écrivit sous le pseudonyme de George Sand de nombreux romans. Les plus beaux sont ceux dans lesquels elle peint la vie rustique telle qu’elle put l’observer dans le Berry et en particulier à Nohant où elle était née et où elle mourut. Ces idylles champêtres – La Petite Fadette, La Mare au Diable, François le Champi, Les Maîtres Sonneurs – sont remarquables par la peinture exacte des mœurs paysannes en ce qu’elles ont de simple, de pur et de traditionnel. On y trouve aussi de fins et frais paysages où l’auteur a représenté les aspects pittoresques de sa province natale.

Le style de George Sand est naturel, ferme, savoureux.


Les enchantements de la lecture

J’avoue qu’en raison de ma nonchalance et de mon inaptitude à toute espèce d’action sociale, je suis de ceux pour qui la connaissance d’un livre peut devenir un véritable événement moral. Le peu de bons ouvrages dont je me suis pénétré depuis que j’existe a développé le peu de bonnes qualités que j’ai. Je ne sais ce qu’auraient produit de mauvaises lectures: je n’en ai point fait, ayant eu le bonheur d’être bien dirigé dans mon enfance. Il ne me reste donc à cet égard que les plus doux et les plus chers souvenirs. Un livre a toujours été pour moi un ami, un conseiller, un consolateur éloquent et calme, dont je ne voulais pas épuiser vite les ressources, et que je gardais pour les grandes occasions.

Oh! quel est celui de nous qui ne se rappelle avec amour les premiers ouvrages qu’il a dévorés ou savourés! La couverture d’un bouquin poudreux que vous retrouvez sur les rayons d’une armoire oubliée ne vous a-t-elle jamais retracé les gracieux tableaux de vos jeunes années? N’avez-vous pas cru voir surgir devant vous la grande prairie baignée des rouges clartés du soir lorsque vous le lûtes pour la première fois, le vieil ormeau et la haie qui vous abritèrent, et le fossé dont le revers vous servit de lit de repos et de table de travail, tandis que la grive chantait la retraite à ses compagnes, et que le pipeau du vacher se perdait dans l’éloignement? Oh! que la nuit tombait vite sur ces pages divines! Que le crépuscule faisait cruellement flotter les caractères sur la feuille pâlissante!

George Sand, Lettres d’un voyageur.

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La Mare au Diable

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Jeanne

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George Sand

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George Sand – Citation

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