Gérard de Nerval

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Gérard aimait le vieux Paris quand il avait les yeux tout pleins du soleil d’Orient. Il aimait le Paris de Pierre Gringoire et de Victor Hugo, poète comme tous les deux. Théophile Gautier a très bien dit: « Comme les hirondelles, quand on laisse une fenêtre ouverte, il entrait, faisait deux ou trois tours, trouvait tout bien et tout charmant, et s’envolait pour continuer son rêve dans la rue. » La rue, il y a vécu, il y est mort. Gérard écrivait la veille de sa mort: le Rêve et la Vie. Gérard a toujours été le rêve en lutte avec la vie! Les derniers mots tombés de sa plume sont ceux-ci: « Ce fut une descente aux enfers. » Est-il parti de là pour entrer dans cette odieuse rue de la Tuerie qui l’a conduit à ce fatal escalier en spirale de la rue de la Vieille-Lanterne? Escalier de l’enfer de Dante, avec son corbeau sculpté et sa clef symbolique!

Un autre rêveur de la même famille d’esprits inquiets de l’autre monde, et qui ne font que passer en celui-ci, Aloysius Bertrand, a comparé le poète à la giroflée sauvage, qui fleurit suspendue au granit des cathédrales et qui vit moins dans la terre que dans le soleil. Gérard a été riche un instant. Quand il a senti ses pieds embarrassés dans les broussailles de la fortune, qui prend bien plus de temps qu’elle ne donne de loisirs, il s’est hâté, comme un sage de l’antiquité, comme un fou, diront les sages d’aujourd’hui, de jouer à l’enfant prodigue afin de se réveiller pauvre et libre un matin.

Inventer, c’est se souvenir. Gérard en était arrivé à ce point ténébreux et rayonnant où on ne sait plus si le rêve est né d’anciennes lectures ou si on se souvient des existences antérieures. On invoque Pythagore qui dit : « Tu as été ! » On parle à Shakespeare, qui répond: « La vie est un conte de fées que tu écoutes pour la seconde fois. » Gérard se recherchait dans le passé pour être sûr de se retrouver dans l’avenir. Il dit quelque part: « J’ai ressaisi les anneaux de la chaîne. Je me retrouve prince, roi, mage; j’épouse la reine de Saba; puis tout à coup me voilà retombé dans la cour des Miracles ou sur le chariot du roman comique. »

Arsène Houssaye

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Gérard de Nerval


Romantiques français – 2

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Romantiques français – 2

Le roman romantique fut surtout représenté par George Sand (1804-1876). D’origine mi-aristocratique, mi-plébéienne, élevée en partie dans les campagnes du Berry qui devaient l’inspirer, nourrie dans le culte de Rousseau, elle était douée d’un talent naturel pour inventer et conter. De sa longue carrière de romancière nous ne retenons ici que ses premiers livres, qui sont personnels et passionnés; ils prêchent l’iniquité du mariage moderne, la sainteté et les droits de l’amour, qui brave l’inégalité des classes sociales: Indiana, Valentine, Lélia qui eut un grand retentissement, André, Jacques (1832-1837). Le style en est lyrique, plein d’effusions et parfois déclamatoire. Ils mirent à la mode pour assez longtemps le thème de la femme incomprise. Ils étaient sans précédents en Europe; ils furent très lus partout, et suscitèrent beaucoup d’enthousiasme et de réprobation.

Volupté (1834), du jeune Sainte-Beuve (1804-1869), offre un récit minutieux, emprunté à des émotions personnelles, des luttes entre un amour qui se voudrait idéal et des aspirations religieuses dans un cœur délicat, aisément meurtri; livre austère, mais pénétrant et fin.

La même inspiration idéaliste et mystique anime Le Lys de la vallée (1835) de Balzac (1799-1850).

À ce courant se rattachent les exquises nouvelles de Gérard de Nerval (1808-1855). Dans son cher pays du Valois, ce tendre rêveur place ses héroïnes, Angélique, Sylvie, et cette Aurélia où souffle déjà le vent de folie qui mena l’auteur au suicide (1854,1855). Sa prose délicate et vaporeuse est évocatrice entre toutes.

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Le roman au 19e siècle – Europe



Les Cydalises

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La cydalise est probablement un surnom donné à une jeune femme qui, par extension, a désigné ces compagnes et inspiratrices, à la fois amantes et muses, des poètes et artistes du Doyenné.

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Gérard de Nerval

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Gérard de Nerval

Les filles du feu

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