Hyperbate


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Hyperbate (du grec hyperbaton, inverse).

L’hyperbate est une figure qui change l’ordre ordinaire de la syntaxe, ce qui lui a fait donner aussi le nom d’inversion.

Il y a des hyperbates de mots et des hyperbates de pensées, selon que l’inversion provient plus directement d’un changement dans l’ordre des mots ou d’un changement dans l’ordre de la pensée. Dans cette phrase de Bossuet:

Le matin elle fleurissait, avec quelles grâces vous le savez,

il y a hyperbate de mots, comme dans ces vers de Boileau:

C’est en vain qu’au Parnasse un téméraire auteur
Pense de l’art des vers atteindre la hauteur,
S’il ne sent point du ciel l’influence secrète.

C’est une hyperbate de pensées qui se trouve dans ce discours que Virgile place dans la bouche de Junon parlant au dieu des vents: « Éole , car le père des dieux et le roi des hommes t’a donné de calmer et de soulever les flots, un peuple ennemi de Junon vogue sur la mer Tyrrhénienne, portant en Italie Ilion et ses pénates vaincus, eh bien! déchaîne les vents, engloutis leurs vaisseaux submergés ». L’ordre grammatical est celui-ci: « Éole, déchaîne les vents et engloutis les vaisseaux des Troyens; tu le peux, car Jupiter t’a donné de calmer et de soulever les flots. »

L’hyperbate ayant pour but de donner plus de vivacité à la pensée, plus d’éclat à l’image, est défectueuse quand elle rend la phrase obscure ou ridicule. Ainsi il serait ridicule de dire en prose:

Enchanteur est le retour de la belle saison,

et l’on dira très bien avec un poète:

De la belle saison le retour a des charmes,

et même dans la poésie légère et badine:

Enchanteur est le retour du printemps.

Littérature

Renaud de Montauban

Renaud de Montauban, ou les Quatre fils Aimon, est une chanson de geste du XIIIe siècle, se rapportant à ce groupe de l’épopée féodale, dont le point de départ est la lutte, aux temps carolingiens, des grands vassaux contre la royauté.

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Principales chansons de geste

Aliénor

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Le siècle courtois

Syllepse


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Syllepse (du grec syllepsis, compréhension).

La syllepse est une figure par laquelle on fait accorder un mot, non avec celui auquel il se rapporte grammaticalement, mais avec l’idée comprise dans ce mot. C’est par syllepse qu’on met au pluriel les verbes qui suivent un collectif partitif:

La plupart se laissent emporter à la coutume.

La syllepse justifie cette phrase de Bossuet: « Quand le peuple hébreu entra dans la terre promise, tout y célébrait leurs ancêtres; »

celle-ci de La Bruyère:

« Les personnes d’esprit ont en eux les semences de tous les sentiments. »

On trouve encore un heureux emploi de la syllepse dans les vers suivants:

Je ne vois point le peuple à mon nom s’alarmer;
Le ciel dans tous leurs pleurs ne m’entend point nommer.

Racine

Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu pour juge,
Vous souvenant, mon fils, que, caché sous ce lin,
Comme eux vous fûtes pauvre, et comme eux orphelin.

Racine

Allons dans les combats porter mon désespoir,
Et mourons-y du moins fidèle à mon devoir.

Marmontel

Littérature

Ellipse


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Ellipse (du grec ellipsis, omission).

L’ellipse consiste dans la suppression d’un ou de plusieurs mots nécessaires à la plénitude grammaticale de la phrase, mais que l’esprit peut facilement suppléer. C’est une figure fréquemment employée, même dans le langage ordinaire. Ainsi l’on dit: à la saint Martin pour à la fête de saint Martin; à la française, pour à la mode française; à droite, pour à main droite, etc.

L’ellipse rend la marche de la phrase plus rapide, l’expression de la pensée ou du sentiment plus énergique; quelquefois elle relève des tournures de phrase qui sans elle manqueraient de noblesse. Exemples:

Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
La Fontaine

Je t’aimais inconstant, qu’eussé-je fait fidèle?
Racine

Le crime fait la honte, et non pas l’échafaud.
Voltaire

Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple et souliers plats.
La Fontaine, la Laitière et le Pot au lait

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