La Besace

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La Fontaine – De Eik en het Riet

De Eik en het Riet

Eens zeide een eik tot ‘t needrig riet:
– « Gij hebt wel reden om te klagen;
Wat kunt gij weinig toch verdragen
Daar ‘t minste windje u buigen ziet.
Een zephir drukt u zelfs ter neder,
Terwijl ik, met mijn kruin, hoog in het zonnelicht,
Voor geen orkaan of noodweer zwicht,
Al beuken stormen telkens weder.
U is een noordenwind wat ik een zuchtje noem.
Kon ‘k met mijn blaad’rentooi, waar ik mij op beroem,
U, need’rig riet, een schuilplaats geven,
Dan hadt gij niet zo’n treurig leven;
‘k Beschutte u tegen golf en wind,
Doch daar men u het meeste vindt
Aan de oevers van de brede stromen,
Verkeert ge in een bedroefde staat;
Natuur is, naar ik meen, met u niet ingenomen,
Daar zij u beurt’lings zweept en slaat. »
– « Uw medelijden, » zei het riet,
« Strekt u tot eer, maar ‘k wil u wel verklaren,
Dat golf en wind mij altijd sparen;
Orkaan en noodweer vrees ik niet.
Ik buig wel maar ‘k zal nimmer breken.
Gij, eik, staat heden onbezweken,
Maar moog’lijk dat een felle orkaan,
U straks verpletterd neer doet slaan. »
En nauw’lijks heeft het riet gesproken
Of hoor, daar loeit, gans onverwacht,
De wind, uit ‘t noorden opgestoken,
En beukt de eik met telkens forser kracht,
En buigt het riet; die felle slagen
Zijn voor de eik niet te verdragen.
Eerst schudt de orkaan hem heen en weer,
Dan stort de boom ontworteld neer.
De eik, diep in de aard en hoog in de kruin, hij leert ons allen:
Wie nooit te buigen weet, moet eind’lijk redd’loos vallen.

Jean de La Fontaine

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Le Chene et les roseaux LACMA 54.71.36


L’Ours et les deux Compagnons

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L’Ours et les deux Compagnons

Deux compagnons, pressés d’argent,
À leur voisin fourreur vendirent
La peau d’un ours encor vivant,
Mais qu’ils tueraient bientôt, du moins à ce qu’ils dirent,
C’était le roi des ours au compte de ces gens.
Le marchand à sa peau devait faire fortune ;
Elle garantirait des froids les plus cuisants ;
On en pourrait fourrer plutôt deux robes qu’une.
Dindenaut prisait moins ses moutons qu’eux leur ours :
Leur, à leur compte, et non à celui de la bête.
S’offrant de la livrer au plus tard dans deux jours,
Ils conviennent de prix, et se mettent en quête,
Trouvent l’ours qui s’avance et vient vers eux au trot,
Voilà mes gens frappés comme d’un coup de foudre.
Le marché ne tint pas ; il fallut le résoudre :
D’intérêts contre l’ours, on n’en dit pas un mot.
L’un des deux compagnons grimpe au faîte d’un arbre ;
L’autre, plus froid que n’est un marbre,
Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent,
Ayant quelque part ouï dire
Que l’ours s’acharne peu souvent
Sur un corps qui ne vit, ne meut, ni ne respire.
Seigneur ours, comme un sot, donna dans ce panneau :
Il voit ce corps gisant, le croit privé de vie ;
Et, de peur de supercherie,
Le tourne, le retourne, approche son museau,
Flaire aux passages de l’haleine.
C’est, dit-il, un cadavre ; ôtons-nous, car il sent.
À ces mots, l’ours s’en va dans la forêt prochaine.
L’un de nos deux marchands de son arbre descend,
Court à son compagnon, lui dit que c’est merveille
Qu’il n’ait eu seulement que la peur pour tout mal.
Eh bien ! ajouta-t-il, la peau de l’animal ?
Mais que t’a-t-il dit à l’oreille ?
Car il t’approchait de bien près,
Te retournant avec sa serre.
Il m’a dit qu’il ne faut jamais
Vendre la peau de l’ours qu’on ne l’ait mis par terre.

Jean de La Fontaine

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La Fontaine


La Fontaine – Contes

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Jean de La Fontaine

La Fontaine – Contes

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Jean de La Fontaine