Jean Racine

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Jean Racine

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Jean Racine (1639-1699)

Les sentiments héroïques de la nature humaine avaient trouvé dans Corneille le plus éloquent et le plus sublime organe; les sentiments tendres et affectueux de notre nature trouvèrent dans Racine leur plus touchant et leur plus parfait interprète. Celui-ci, né en 1639, appartenait à une famille aisée et même noble (car elle avait, par un merveilleux à-propos, un cygne dans ses armes). Dès l’âge de vingt ans, il révéla ses talents pour la poésie dans une ode composée pour le mariage de Louis XIV, la Nymphe de la Seine. Un regard et une récompense de celui qui allait devenir le grand roi encouragea ce premier essai. Le souvenir d’un roman grec que Racine avait lu à Port-Royal lui inspira ensuite l’idée d’une tragédie, que de prudents avis le conduisirent à supprimer, Théagène et Chariclée *. Déjà il avait rencontré dans Molière et Boileau de sévères conseillers, qui lui apprenaient qu’on ne peut atteindre le bien qu’avec beaucoup d’application et de peine; et, ce qui est plus rare, il savait les écouter. En 1664 il donna la Thébaïde, en 1665 Alexandre, qui annonçaient un poète plutôt qu’un auteur dramatique. Mais Andromaque, deux ans après, attesta que Corneille avait un successeur, ou, pour mieux dire, que la scène française comptait désormais une autre gloire. «On demandait après Corneille, a dit M. Nisard, des héros qui fussent plus hommes, des femmes qui fussent moins des héros. On voulait une plus grande part pour le cœur et une langue sinon plus belle que celle des beaux endroits de Corneille, du moins plus exacte que celle des pièces faibles, et, en général, plus pure et plus égale.» Racine, dans Iphigénie, dans Bérénice, dans Phèdre, répondit à ces vœux d’un goût plus difficile. En même temps il montrait, dans Britannicus et dans Mithridate, qu’il était capable de prêter aux plus généreux et aux plus fermes sentiments un langage digne d’eux.

Les succès de ce grand homme furent loin, cependant, de répondre à la supériorité de ses ouvrages. Le dégoût des injustices qu’il eut à subir et des scrupules religieux l’éloignèrent des travaux du théâtre dans la pleine maturité de son génie. Toutefois, vers la fin de sa carrière, il le déploya encore, dans son plus grand éclat, en composant les tragédies sacrées d’Esther et d’Athalie pour la maison de Saint-Cyr, où Mme de Maintenon avait recueilli les jeunes filles nobles sans fortune. Ce dernier chef-d’œuvre fut méconnu des contemporains et Racine, lorsqu’il mourut en 1699, emporta la douloureuse pensée qu’il n’avait pas réussi. L’admiration de la postérité a protesté contre cette erreur.

* «Une des choses qui m’ont fait le plus de bien, écrivait plus tard Racine à son fils aîné (le 24 juillet 1698), c’est d’avoir passé ma jeunesse avec une société de gens qui se disaient assez volontiers leurs vérités, et qui ne s’épargnaient guère les uns les autres sur les défauts de leurs ouvrages.»

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Jean Racine (La Ferté-Milon, 22 décembre 1639 – Paris, 21 avril 1699)

Méthodologie commentaire composé théâtre (tragédie) – Phèdre Racine

Jean Racine – Iphigénie

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