Renard, Couart, Belin

Le lièvre, en entendant ces paroles étranges, se retourna dans l’intention de fuir, mais il était trop tard! Renard le saisit inhumainement par le cou pour lui trancher la tête. « Mangeons maintenant ce bon lièvre bien gras », proposa-t-il. Les renardeaux se jetèrent sur la proie et toute la famille se mit à mordre à pleines dents! Cependant, dehors, Belin se fâchait de ce que son compagnon Couart demeurât si longtemps dans sa retraite.

Impatienté, il s’écria: « Couart, pourquoi ne viens-tu pas? » Notre compère entendit ces paroles, sortit et, s’adressant doucement à Belin: « Hé, seigneur, pourquoi vous fâcher ainsi? Couart m’a fait entendre que vous pouvez aller en avant, si vous le souhaitez. Avez vous remarqué, continua-t-il, que le Roi m’ordonna, au moment du départ, de lui donner de mes nouvelles? Voulez-vous les lui porter, mes lettres sont écrites et toutes prêtes! »

Si j’étais assuré que votre correspondance fût loyale, vous n’auriez qu’à me la remettre. Le Roi me comblera d’éloges, s’exclama la dupe, lorsqu’il verra que je puis écrire d’aussi belles lettres. Attendrai-je Couart pour retourner à la Cour? « Non, répondit Renard, il vous suivra bientôt, mais il n’est pas encore prêt. » « Soit », répliqua Belin, et il partit, sans se douter que la missive qu’il emportait était la carcasse de Couart!

Rentré dans sa tanière, Renard s’adressa alors à sa famille: « Femme Ermeline, il nous arrivera malheur, si nous restons ici, préparez-vous donc, ainsi que vous tous, mes enfants, suivez-moi et hâtons-nous de nous éloigner, c’est l’avis d’un père qui vous aime tendrement. » Aussitôt, Ermeline, Renard et les jeunes renardeaux se mirent en route et gagnèrent la lande, loin, très loin, du royaume de Noble le Lion.

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Renard et Noble

Touché par les paroles convaincantes de son neveu Grimbert le Castor, Renard acceptera cette fois de se rendre sans retard à la Cour, afin de mettre ses affaires au clair; « Dame Ermeline », déclara-t-il simplement à sa femme, « prenez soin de nos petits et surtout de mon fils Renardin, qui me ressemblera, je l’espère! » Hélas, quelle tristesse ne ressentait pas Dame Ermeline de ce départ précipité, ainsi que ses jeunes renardeaux!

Les animaux, grands et petits, se présentèrent tous à la barre, pour accuser ouvertement Renard en présence du Roi. La cause entendue, le tribunal condamna Renard à la peine de mort par pendaison. « Cela n’aura pourtant pas lieu! » se disait Renard en lui-même, « je vais leur prouver que je puis encore trouver de bons tours! » Et, fort tristement, l’accusé demanda au Sire de bien vouloir l’autoriser à faire sa dernière confession.

Renard, en comédien habile, raconta avec amples détails comment il fut amené à lécher du sang pour la première fois, puis, peu à peu, s’enhardit à manger des mets plus délicieux. À ces mots, le Roi se montra extrêmement intéressé, et Renard en profita pour expliquer comment, grâce à ses nombreux trésors, il avait défendu son Seigneur contre un noir complot! Il fit tant et si bien, qu’il fut finalement grâcié par le Roi reconnaissant.

En guise de remerciements, Renard proposa alors au Roi le fameux trésor qu’il avait soi-disant caché dans une forêt profonde. Noble le lion accepta et chargea Couart et Belin le Bélier d’accompagner Renard. Arrivé à Maupertuis, Renard dit à Belin: « Restez au dehors, mon neveu, je dois entrer un moment en mon domaine, Couart m’y suivra ». « Je suis devenu pèlerin », annonça-t-il joyeusement à sa femme, « et le Roi m’a donné Couart comme gage de réconciliation ».

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Renard, Brun et Tibert

Je vous remercie, Seigneur Brun, déclara Renard, « mais je crains de ne pouvoir venir tout de suite, je souffre de violents maux d’estomac pour avoir mangé trop de miel! » À ces paroles, Brun s’écria: « Le miel est une douce nourriture que j’aime entre toutes, si vous m’aidez à m’en procurer, je vous promets de vous défendre à la Cour. »

C’est ainsi que Renard emmena Brun très loin dans la forêt. Au Jardin de Lamfroit, Renard proposa à l’ours de lécher à l’intérieur d’un énorme tronc d’arbre où se trouvait soi-disant un miel exquis! Brun, enfonçant la tête dans l’arbre jusqu’au-dessus des oreilles pour mieux se délecter, se trouva soudainement assailli par un rucher que Renard avait méchamment alerté.

Piqué par des centaines d’abeilles, l’ours s’enfuit, hurlant de douleur, et se présentant devant le Roi, lui dit: « Vengez-moi de Renard. Par sa ruse, cette méchante bête m’a fait perdre la belle peau qui recouvrait mon chef, ainsi que mes oreilles, voyez dans quel état il m’a mis! » Le Roi décida cette fois d’envoyer Tibert le matou, quoiqu’il ne soit pas très fort, il se montrera certainement plus rusé!

Tibert le matou, à sa plus grande frayeur, fut donc obligé d’aller adresser au malin la même requête que Brun. Friand de souris, le matou sera pris à son propre piège. Et Tibert, comme Brun, reviendra tout endolori devant la Cour. Lorsque le Roi verra la façon dont le pauvre Tibert a été traité, il proférera des menaces terribles contre le coquin, qu’il ordonnera de ramener mort ou vif!

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Le Roman de Renard

Noble le lion, Roi des Animaux, avait fait proclamer partout qu’il tiendrait cour plénière! Tous les animaux, grands et petits, se rendirent donc à la Cour pour se plaindre de Renard, assassin, fripon, voleur, qui n’a d’amitié pour personne, pas même pour le Roi, dont il sacrifierait volontiers l’honneur et la vie s’il pouvait y gagner une aile de poulet!

Isengrin le loup, Courtois le chien, Couart le lièvre, se levèrent tour à tour pour réclamer justice. Puis, l’on vit apparaître Canteclair qui amena, couché sur un brancard, une poule morte. Le coq raconta en sanglotant les méfaits de Renard contre sa chère famille: « J’avais 8 fils et 7 filles, que ma femme, la sage Rode, m’avait donnés d’une seule couvée, à ce jour, il ne m’en reste plus que 4! »

À quoi servirait d’en dire davantage sur vos enfants assassinés, interrompt le Roi. Nous allons ensevelir Coppe, puis nous nous consulterons avec les Seigneurs, ici présents, sur le meilleur moyen à employer pour venger ce crime. La poule fut portée vers son tombeau, où l’on mit cette inscription: Ci-gît Coppe qui savait si joliment gratter la terre; Renard, trop cruel pour sa race, la tua d’un seul coup de dent.

Coppe enterrée, le Roi et ses barons furent unanimement d’avis qu’on sommerait Renard de se rendre à la Cour et que Brun, l’ours, serait chargé de porter le message. C’est à Maupertuis que le malin à la barbe rousse s’enfermait lorsqu’il était chagriné ou embarqué dans quelque mauvaise affaire. Brun alla donc le trouver dans son repaire favori et le supplier de le suivre à la Cour du Roi.

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Départ de Renard

Le Seigneur du Renard quitte, avec toute sa famille, le château de Malpertuis; il va montrer de par le monde ses malins tours.

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