L’adoubement du chevalier

La cérémonie religieuse et l’adoubement du chevalier

On vit rapidement se développer le règlement de la cérémonie religieuse de l’adoubement du chevalier. Chaque détail de la cérémonie devint un symbole ou un exercice moral: le bain était un symbole de purification; la tunique blanche, un symbole de pureté; la robe rouge, un symbole du martyre devant lequel le chevalier ne devait pas reculer; le justaucorps noir, un symbole de la mort dont la pensée doit rabattre tout orgueil et rompre le charme de toute volupté. Le futur chevalier faisait ensuite pénitence, jeûnait pendant vingt-quatre heures, et dans l’église, seul, en présence de Dieu, il faisait sa veillée d’armes; parfois un prêtre et des parrains l’assistaient et priaient avec lui.

Le lendemain, son premier acte était la confession; après la confession, le prêtre lui donnait la communion; après la communion, il assistait à une messe du Saint-Esprit, et ordinairement à un sermon sur les devoirs des chevaliers et de la vie nouvelle où il allait entrer.

Le sermon fini, le récipiendaire s’avançait vers l’autel, l’épée de chevalier suspendue à son cou; le prêtre la détachait, la bénissait et la lui remettait au cou. Le récipiendaire allait alors s’agenouiller devant le seigneur qui devait l’armer chevalier: « A quel dessein, lui demandait le seigneur, désirez-vous entrer dans l’Ordre? Si c’est pour être riche, pour vous reposer et être honoré sans faire honneur à la chevalerie, vous en êtes indigne, et seriez à l’Ordre de la chevalerie ce que le clerc simoniaque est à la prélature. » Et sur la réponse du jeune homme, qui promettait de se bien acquitter des devoirs de chevalier, le seigneur lui accordait sa demande.

Alors s’approchaient des chevaliers, et quelquefois des dames, pour revêtir le récipiendaire de tout son nouvel équipement; on lui mettait: 1° les éperons; 2° le haubert ou la cotte de mailles; 3° la cuirasse ; 4° les brassarts et les gantelets ; 5° enfin on lui ceignait l’épée.

Il était alors ce qu’on appelait adoubé, c’est-à-dire adopté. Le seigneur se levait, allait avec lui, et lui donnait l’accolade, ou accolée, ou colée, trois coups du plat de son épée sur l’épaule ou sur la nuque, et quelquefois un coup de la paume de la main sur la joue en disant: « Au nom de Dieu, de saint Michel et de saint Georges, je te fais chevalier. » Et il ajoutait quelquefois: « Sois pieux, hardi et loyal. »

Le jeune homme ainsi armé chevalier, on lui apportait son casque; on lui amenait son cheval; il sautait dessus, ordinairement sans le secours des étriers, et caracolait en brandissant sa lance et faisant flamboyer son épée. Il sortait enfin de l’église et allait caracoler sur la place, au pied du château, devant le peuple, avide de prendre sa part du spectacle.

GUIZOT, Histoire de la civilisation en France, III, 50e leçon.

Source

Le moyen-âge

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