Le tigre

Le Tigre

Le tigre est plus à craindre que le lion: celui-ci souvent oublie qu’il est roi, c’est-à-dire le plus fort de tous les animaux; marchant d’un pas tranquille, il n’attaque jamais l’homme, à moins qu’il ne soit provoqué; il ne précipite ses pas, il ne court, il ne chasse que quand la faim le presse. Le tigre, au contraire, quoique rassasié de chair, semble toujours être altéré de sang; sa fureur n’a d’autres intervalles que ceux du temps qu’il lui faut pour dresser des embûches; il saisit et déchire une nouvelle proie avec la même rage qu’il vient d’exercer, et non pas d’assouvir, en déchirant la première; il désole le pays qu’il habite; il ne craint ni l’aspect ni les armes de l’homme; il égorge, il dévaste les troupeaux d’animaux domestiques, met à mort toutes les bêtes sauvages, attaque les petits éléphants, les jeunes rhinocéros, et quelquefois même ose braver le lion.

Buffon

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Buffon

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Un coucher de soleil

Un coucher de soleil

Le soleil tomba derrière le rideau d’arbres de la plaine; à mesure qu’il descendait, les mouvements d’ombre et de lumière répandaient quelque chose de magique sur le tableau; là, un rayon se glissait à travers le dôme d’une futaie et brillait comme une escarboucle dans le feuillage sombre; ici, la lumière divergeait entre les troncs et les branches et projetait sur les gazons des colonnes croissantes et des treillages mobiles; dans les cieux, c’étaient des nuages de toutes les couleurs; les uns, fixes, imitant d’énormes promontoires ou de vieilles tours au-dessus d’un torrent, les autres flottant en fumée de rose ou en flocons de soie blanche. Un moment suffisait pour changer la scène aérienne; on voyait alors des gueules de four enflammées, de grands tas de braise, des rivières de lave, des paysages ardents; tout était enveloppé, pénétré, saturé de lumière.

Chateaubriand

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Chateaubriand

Les grenouilles qui demandent un roi

Jean de La Fontaine

La plus aimée de mon cœur

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