Le clergé au Moyen-Âge

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Les genres littéraires

Baudelaire – La Beauté

Charles Baudelaire

Arthur – Le Cycle breton

Légende du roi Arthur
Une série de poèmes épiques a pour point de départ l’histoire légendaire d’Arthur ou Arthus, qui, vers le VIe siècle, gouverna réellement les Bretons du pays de Galles. À la tête de ses compatriotes, ce prince aurait repoussé une invasion des Anglo-Saxons, régné ensuite paisiblement sur un vaste royaume et répandu partout le christianisme.

Ces premières données, répandues dès longtemps en Grande-Bretagne par les bardes celtiques, fournirent aux trouvères normands maints récits dans lesquels le merveilleux entre pour une large part. Les poèmes de ce cycle sont spécialement désignés sous le nom de Romans de Chevalerie: là, en effet, se révèlent avant tout l’honneur et la courtoisie chevaleresques, tantôt avec une nuance mondaine, tantôt, comme dans le Saint Graal, avec un caractère essentiellement religieux.

Robert Wace
Robert Wace, né au commencement du XIIe siècle dans l’île de Jersey, vécut en Normandie. Il a laissé le Roman de Brut ou d’Arthur de Bretagne et le Roman de Rou ou de Rollon, qui renferme l’histoire des ducs de Normandie.

Arthur devient chez ce poète un véritable chevalier chrétien, défenseur infatigable du bon droit et de la justice: Dieu et Sainte Marie! tel est son cri de guerre. Sa cour de Caërléon est le rendez-vous des plus nobles princes; les rois étrangers le redoutent, car il est assez brave pour soumettre la terre entière. L’enchanteur Merlin multiplie en faveur d’Arthur les prodiges de son art. Ce magicien sert lui-même la bonne cause: c’est d’après son conseil que le roi institue le fameux ordre des Chevaliers de la Table Ronde, dont les membres, tous de haute noblesse, siègent autour d’une table circulaire afin d’éviter les querelles de préséance:

Fit roi Arthur la ronde table,
Dont les Bretons disent maint fable.

Ces preux chevaliers avaient pour mission de se dévouer à la recherche et à la conquête du Saint Graal. Le graal, (vase, en langue celtique) était, selon les anciens bardes, une coupe mystérieuse communiquant à ceux qui en buvaient science, sagesse, connaissance de l’avenir. Les âges chrétiens s’emparèrent de cette poétique fiction: le graal devint pour eux le vase consacré dont Notre-Seigneur se servit à la dernière Cène, et dans lequel Joseph d’Arimathie recueillit quelques gouttes de sang du Sauveur. Posséder une telle relique, c’est jouir à l’avance du bonheur céleste. Il est aisé de reconnaître sous ces figures un symbole de la foi chrétienne dont l’Orient reçut le dépôt pour le répandre jusqu’aux contrées les plus reculées.

Une entreprise aussi noble que la recherche du Saint Graal ne pouvait manquer de fournir mille légendes nouvelles sur les principaux chevaliers de la Table ronde.

Chrétien de Troyes
Chrétien de Troyes commenta ces données populaires dans une série d’interminables romans. Perceval le Gallois, l’heureux conquérant du Saint Graal; Tristan le Léonnois, Lancelot du Lac, Le Chevalier au Lion, etc., ne sont que des variétés assez uniformes d’un même fonds légendaire. Partout des fées et des géants, des anneaux magiques, des palais enchantés; force galanterie chevaleresque. Au milieu d’une abondance diffuse, il se rencontre néanmoins çà et là des traits délicats que les siècles suivants ont su s’approprier: l’Italie, l’Angleterre, l’Allemagne n’y ont pas moins puisé que la France.

« Les romans de la Table ronde diffèrent des poèmes carlovingiens (les chansons de geste) autant par le style que par le sujet. Dans ceux-ci le poète apparaissait peu, il n’était que la voix presque impersonnelle de la tradition: les poètes du cycle d’Arthur s’offrent à nous comme de véritables auteurs qui composent au gré de leur fantaisie; ce sont des écrivains qui ont déjà toutes les prétentions du métier. » (M. Demogeot)

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