L’Ours et les deux Compagnons

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L’Ours et les deux Compagnons

Deux compagnons, pressés d’argent,
À leur voisin fourreur vendirent
La peau d’un ours encor vivant,
Mais qu’ils tueraient bientôt, du moins à ce qu’ils dirent,
C’était le roi des ours au compte de ces gens.
Le marchand à sa peau devait faire fortune ;
Elle garantirait des froids les plus cuisants ;
On en pourrait fourrer plutôt deux robes qu’une.
Dindenaut prisait moins ses moutons qu’eux leur ours :
Leur, à leur compte, et non à celui de la bête.
S’offrant de la livrer au plus tard dans deux jours,
Ils conviennent de prix, et se mettent en quête,
Trouvent l’ours qui s’avance et vient vers eux au trot,
Voilà mes gens frappés comme d’un coup de foudre.
Le marché ne tint pas ; il fallut le résoudre :
D’intérêts contre l’ours, on n’en dit pas un mot.
L’un des deux compagnons grimpe au faîte d’un arbre ;
L’autre, plus froid que n’est un marbre,
Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent,
Ayant quelque part ouï dire
Que l’ours s’acharne peu souvent
Sur un corps qui ne vit, ne meut, ni ne respire.
Seigneur ours, comme un sot, donna dans ce panneau :
Il voit ce corps gisant, le croit privé de vie ;
Et, de peur de supercherie,
Le tourne, le retourne, approche son museau,
Flaire aux passages de l’haleine.
C’est, dit-il, un cadavre ; ôtons-nous, car il sent.
À ces mots, l’ours s’en va dans la forêt prochaine.
L’un de nos deux marchands de son arbre descend,
Court à son compagnon, lui dit que c’est merveille
Qu’il n’ait eu seulement que la peur pour tout mal.
Eh bien ! ajouta-t-il, la peau de l’animal ?
Mais que t’a-t-il dit à l’oreille ?
Car il t’approchait de bien près,
Te retournant avec sa serre.
Il m’a dit qu’il ne faut jamais
Vendre la peau de l’ours qu’on ne l’ait mis par terre.

Jean de La Fontaine

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La Fontaine


Juillet 1921

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Juillet

Eugénie Grandet

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Honoré de Balzac | Honoré de Balzac – Posts

Blaise Pascal

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Blaise Pascal (1623-1662)

Pascal naquit à Clermont-Ferrand. Encore enfant, il effraya son père par la précocité de son intelligence et son ardeur pour l’étude. Jusqu’à trente ans, il cultiva les sciences. Des relations de famille l’amenèrent alors à Port-Royal, dont les solitaires défendaient avec ardeur les doctrines de Jansénius. Il ne tarda pas à devenir l’un de leurs plus fervents disciples, et c’est pour leur cause, pour défendre Arnauld surtout, chassé de la Faculté de théologie de Paris, qu’il publia ses Provinciales. Il conçut aussitôt après le dessein d’écrire une apologie de la religion chrétienne. C’est de là que nous est venu le livre des Pensées: recueil des notes et des réflexions que Pascal jetait çà et là, en vue de son grand ouvrage. Pascal est l’un de nos plus grands écrivains: la passion, l’émotion, donnent à son style, toujours naturel et simple, une vigueur et un éclat extraordinaire.

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Blaise Pascal

Victoires du Consulat

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