À la lune

Alfred de Musset

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Marceline Desbordes-Valmore

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

Marceline Desbordes-Valmore est née à Douai. Comme le remarque Sainte-Beuve, elle reçut dès les premières années de sa vie « toutes sortes d’empreintes qui décidèrent de sa sensibilité et donnèrent la marque profonde à son talent ».

La Révolution ruine son père, peintre en ornements d’église. À quatorze ans, sa mère l’emmène à la Guadeloupe pour implorer quelques secours d’un parent qui s’est enrichi là-bas. On aborde, le parent vient d’être massacré ; la pauvre mère est prise de la fièvre jaune, elle meurt ; et l’enfant, embarquée de force, revient seule en France. Pour vivre, elle chante ; à 19 ans elle débute à l’Opéra-comique, mais bientôt épouse le comédien Valmore et quitte le théâtre.

Presque sans instruction, presque sans lecture, elle a écrit déjà de gracieuses romances et des idylles. Une immense douleur – l’infidélité, la trahison de l’homme dont elle s’est crue aimée – va lui dicter ses meilleurs poèmes, ses Élégies. La forme manque de précision, mais de temps en temps l’amour et le désespoir éclatent en une page, en quelques stances d’une parfaite beauté.

Dans les dernières années, la femme s’effacera devant la mère et Marceline Desbordes-Valmore publiera ses Contes « Aux Petits Enfants », à qui personne n’a pu parler plus délicieusement qu’elle.

Elle a eu son heure de célébrité. Lamartine, Sainte-Beuve, lui adressaient des vers. En 1859, quand elle mourut, Théodore de Banville, dans de beaux vers des Exilés, la peignait tout entière, tendre et passionnée, âme torturée, mais fidèle, pure, chrétienne.

d’après : Auguste Dorchain, in Anthologie des poètes français du XIXème siècle, Paris, Alphonse Lemerre, 1887.

Source

Charles Nodier

Origines du romantisme

Yseult