C’est grant paine

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Commynes

L’auteur au travail. (Le séjour de deuil pour la mort de Philippe de Commines – France, 1512.)

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Le chevalier au lion

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Le chevalier au lion

C’est le chef-d’œuvre de Chrétien de Troyes. Il fut composé sans doute en 1175. Il a un peu plus de 6800 vers. Yvain, chevalier de la Table Ronde, ayant entendu parler d’une fontaine miraculeuse, se met à sa recherche et la trouve. Il y puise de l’eau qu’il verse à terre, et aussitôt une formidable tempête dévaste les alentours. Le seigneur du pays accourt et attaque Yvain; celui-ci le blesse à mort, le poursuit et pénètre avec lui dans son propre château, dont les portes se referment sur eux. Heureusement une jeune confidente de la châtelaine, à qui Yvain a un jour rendu service, prête à son bienfaiteur un anneau qui le rend invisible et le soustrait à la vengeance des serviteurs de sa victime. Yvain, sans être vu, assiste aux funérailles du mort, s’éprend de la veuve, lui inspire de l’amour et l’épouse. Quelque temps après, invité par Arthur à un tournoi, il obtient congé de sa dame, à condition qu’il sera de retour avant un an. Mais, entraîné dans des aventures, il oublie ce délai et apprend bientôt qu’il est répudié. Il entreprend alors, dans l’espoir de rentrer en grâce, une série d’exploits, aidé d’un lion qu’il a sauvé de la mort et qui, en reconnaissance, le suit partout avec fidélité. Il finit par obtenir son pardon.

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Le trouvère

Un trouvère

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Né à Bourg-en-Bresse, Edgar Quinet fut, sous la monarchie de Juillet et pendant la République de 1848, professeur au Collège de France, très aimé par les étudiants républicains. Il se retira en Suisse après le coup d’État, et ne rentra à Paris qu’en 1870.

Esprit très ouvert, à la fois homme politique, historien, poète et philosophe, il a laissé une œuvre fort diverse et un peu inégale où l’on rencontre de nombreuses pages admirables par la pensée, par l’imagination et par l’ampleur du style.


Le trouvère

Pendant six mois d’hiver, le château féodal était resté enveloppé de nuages. Point de tournois, point de guerres; peu d’étrangers et de pèlerins; de longs jours monotones, de tristes et interminables soirées, mal remplies par le jeu d’échecs. Enfin, le printemps avait commencé; la châtelaine avait cueilli la première violette dans le verger. Avec les hirondelles, on attendait le retour du troubadour ou du trouvère.

Par un beau jour du mois de mai, on l’aperçoit enfin suivant la rampe escarpée qui mène au château.

Sans retard, dès le soir de son arrivée, les barons, les écuyers, les demoiselles se réunissent dans la grande salle pavée pour entendre le poème qu’il vient d’achever pendant l’hiver. Le trouvère, au milieu de l’assemblée, ne lit pas, il récite. Mais quand son récit s’élève, il chante par intervalles, en s’accompagnant de la harpe ou de la viole. Son début est plein de fierté et de naïveté; c’est en même temps un tableau de l’assemblée:

Seigneurs, or, faites paix, chevaliers et barons,
Et rois et ducs, comtes et princes de renoms,
Et prélats et bourgeois, gens de religions,
Dames et demoiselles, et petits enfançons.

A la voix du chanteur, chaque objet rendait un écho sonore. Le château crénelé, le vent qui souffle dans les salles, les aubades des guettes sur les tourelles, le bruit des chaînes des ponts-levis, tout cela fait en quelque sorte partie de son poème. Ce qu’il ne dit pas, les choses et les souvenirs des auditeurs le disent à sa place.

Quand l’automne approche, le trouvère est à la fin de son récit; il part enrichi des présents de son hôte. Ce sont des vêtements précieux, de belles armes, des chevaux bien enharnachés. Quelquefois il est fait chevalier, si déjà il ne l’est; puis, lui absent, le manoir a perdu sa voix: tout retombe, jusqu’à la saison nouvelle, dans le silence et la monotonie accoutumée.

Edgar Quinet (1803-1875)

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Roland

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