Molière

Molière (1622-1673)

Ce grand homme dont la gloire est égale, sinon supérieure, à celle de Corneille et de Racine, naquit à Paris en 1622. À vingt-trois ans, il quitta Paris avec quelques compagnons, et se mit à parcourir les provinces en qualité d’acteur. Il joua d’abord dans des pièces comiques, composées par des auteurs sans talent. Bientôt, indigné de la platitude de ces farces grossières, il eut l’idée d’écrire lui-même les comédies qu’il représenterait ensuite sur la scène.

L’accueil bienveillant que ses premiers essais trouvèrent auprès du public stimula son génie. Il revint à Paris et fut admis en 1658 à l’honneur de jouer devant la cour. Depuis lors, sa réputation ne cessa de grandir jusqu’à 1673, année de sa mort.

Molière avait déclaré une guerre implacable aux ridicules et aux vices de son temps. Si la protection du roi lui avait fait défaut, il n’aurait pas pu, sans doute, parler si librement. Tous ceux dont il raillait les travers se seraient unis pour étouffer la voix du poète. Que de gens, en effet, devaient se sentir blessés par les traits de sa verve satirique!

Les hypocrites et les faux dévots dont la piété menteuse n’est qu’un masque pouvaient-ils ne pas se reconnaître dans Tartuffe, les hommes cupides dans l’Avare, les coquettes dans la Célimène du Misanthrope, les sots qui ne savent pas se contenter de leur condition, dans le Bourgeois gentilhomme?

Outre ces chefs-d’œuvre, Molière composa encore les Femmes savantes et les Précieuses ridicules, où il se moque des gens qui font étalage de science et de bel esprit, ou bien qui affectent de ne pas parler comme tout le monde.

Toutes ces comédies sont semées de traits heureux et de remarques profondes. Les ridicules qu’elles dépeignent sont de tous les temps: c’est ce qui fait que les œuvres de Molière paraissent toujours aussi jeunes. Cet homme qui, depuis des siècles, règne en maître sur la scène comique, cet écrivain dont la verve intarissable a soulevé tant de joyeux éclats de rire, eut pourtant une vie triste. Il n’était pas gai et méditait sans cesse. Boileau l’appelait le contemplateur. L’auteur des Satires n’en professait pas moins pour le génie de Molière une respectueuse admiration. Louis XIV lui demandant un jour quel était le plus grand écrivain de son règne: — «C’est Molière, Sire», répondit-il. La postérité a ratifié ce jugement.

G. Duruy

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