Vercingétorix prisonnier de César

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La Gaule

La Gaule avant César – Attaque d’un réseau de haies défensives

La Gaule avant César – Attaque d’un réseau de haies défensives

Un autre usage ancestral des Gaulois était la protection de certains territoires au moyen de haies épineuses d’une facture particulière, dont le rôle était analogue à celui de nos « barbelés » modernes. Il est possible que ce procédé de fortification n’ait existé que chez quelques peuples. Il était fort développé chez les Nerviens. Ceux-ci, dit César, n’ayant jamais excellé par la cavalerie, contrairement aux Gaulois en général, avaient à se prémunir contre les razzias exécutées par la cavalerie de voisins pillards. Ils ébranchaient et courbaient de jeunes arbres de manière à constituer une sorte d’espalier, pour servir de support et d’armature aux ronces et aux arbustes épineux qu’ils faisaient pousser aussi abondamment que possible. Ces haies sauvages formaient des lignes multiples et même des réseaux entiers; elles n’arrêtaient pas seulement les attaques par surprise, mais même les regards indiscrets d’éclaireurs ennemis. César avoue qu’elles l’ont fortement gêné au cours de la fameuse bataille contre Boduognat.

Contre un dispositif aussi efficace, les moyens d’attaque étaient restreints. L’ennemi pouvait tenter d’infliger des pertes aux défenseurs par le jet de pierres et par un tir exécuté à l’aveuglette; l’incendie était le moyen le plus efficace, mais difficile à réaliser avec du bois vert; enfin on pouvait essayer de franchir la redoutable barrière sur des fascines ou des échelles. Mais, quelle que fût l’issue du combat, l’effet de surprise était exclu.

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La Gaule avant César – Construction d’une place forte

La Gaule avant César – Construction d’une place forte

Les cités importantes ne se contentèrent pas d’une enceinte formée d’une levée de terre et d’un fossé peu profond. La construction de fortifications imposantes n’intéressait pas seulement la sécurité, mais aussi la vanité des habitants. Beaucoup de ces défenses remontaient à une haute antiquité et subissaient des transformations selon la puissance des cités; des réparations et des reconstructions partielles devenaient nécessaires par suite de la vétusté ou après un siège. C’est une de ces reconstructions que montre l’image, permettant de se faire une idée des matériaux employés, ainsi que de leur agencement. Elle s’inspire de vestiges archéologiques et d’une description de César: « Sur le sol, à la distance régulière de deux pieds, on couche un rang de poutres, que l’on assujettit entre elles et que l’on couvre de terre bien tassée; à l’extérieur, on garnit les intervalles de grosses pierres. Sur cette couche bien arrangée et bien liée, on en pose une seconde, en observant les mêmes distances de manière que les poutres ne touchent pas les précédentes, mais qu’il y ait des pierres interposées. Tout l’ouvrage se continue ainsi jusqu’à l’élévation convenable. Non seulement l’alternance de poutres et de pierres bien alignées n’est pas désagréable à l’œil, mais elle présente des avantages réels pour la défense, la pierre garantissant le rempart du feu et les bois du bélier; car on ne peut ni renverser ni même entamer un radier de poutres longues de 40 pieds, la plupart reliées entre elles dans l’épaisseur de l’ouvrage. »

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Un repas chez les Gaulois

Un repas chez les Gaulois

Un voyageur célèbre, Posidonius*, qui souvent s’assit à la table des Gaulois, nous a laissé de leurs repas une description curieuse.

Autour d’une table fort basse, on trouve disposées par ordre des bottes de foin ou de paille: ce sont les sièges des convives.

Les mets consistent d’habitude en un peu de pain et beaucoup de viande bouillie, grillée ou rôtie à la broche; le tout servi proprement dans des plats de terre ou de bois chez les pauvres, d’argent ou de cuivre chez les riches. Chacun fait choix de quelque membre entier de l’animal, le saisit à deux mains, et mange en mordant à même: on dirait un repas de lions. Si le morceau est trop dur, on le dépèce avec un petit couteau ordinairement fixé au fourreau du sabre.

On boit à la ronde dans un seul vase en terre ou en métal, que les serviteurs font circuler. Les riches ont du vin d’Italie ou de Gaule, qu’ils prennent pur ou légèrement trempé d’eau; la boisson des pauvres est la bière ou l’hydromel. Près de la mer et des fleuves, on consomme beaucoup de poisson grillé, assaisonné de sel et de vinaigre; l’huile, par tout le pays, est rare et peu recherchée.

Dans les festins nombreux et d’apparat, la table est ronde et les convives se rangent en cercle alentour; la place du milieu appartient au plus considéré par la vaillance, la noblesse ou la fortune. À côté de lui s’assied le maître du logis, et successivement chaque convive, d’après sa dignité personnelle et sa classe.

Posidonius

* Posidonius: historien grec qui mourut 50 ans avant J.-C.

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Saint Loup arrête Attila devant Troyes – 451

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Saint Loup arrête Attila devant Troyes

En 451, Attila, chef des Huns, effectue une percée en Gaule au retentissement considérable. Il ravage Reims, Cambrai, Auxerre… Le chef romain Aétius finit par l’arrêter lors de la bataille des champs catalauniques, lieu proche de Troyes. En se repliant en direction de la Seine, le chef hun vient à passer par Troyes. La ville n’a aucun moyen de défense face au barbare et à ses troupes: son mur d’enceinte est largement vétuste.

Loup envoie donc saint Mesmin et Camélien à la tête d’une délégation pour rencontrer Attila. Mais ce dernier massacre les ambassadeurs, faisant de Mesmin un martyr. Camélien, lui, survit à ses blessures et va devenir le successeur de saint Loup comme évêque de Troyes. L’évêque part donc lui-même à la rencontre d’Attila, aux portes de la cité. Les deux hommes discutent et c’est à cette occasion qu’Attila s’attribue le titre resté célèbre de « Fléau de Dieu ». Loup ne se laisse pas impressionner et répond qu’il se soumet à la punition divine qu’Attila prétend représenter, mais il le met aussi en garde en lui conseillant de ne pas abuser du pouvoir que Dieu lui aurait confié. Marqué par cette abnégation, Attila laisse la ville en paix et continue son chemin. Il prend cependant Loup en otage afin de couvrir sa retraite. Loup sera libéré près du Rhin. Attila se recommande à ses prières et lui demande même de l’accompagner plus longuement. La semi-conversion dont fait preuve Attila, ainsi que le sauvetage de la ville de Troyes, assurent à Loup une intense renommée.

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