La Gaule avant César – Les Phocéens à Marseille

La Gaule avant César – Les Phocéens à Marseille

« Au temps où Tarquin le Superbe régnait à Rome, de jeunes Phocéens, venant d’Asie, remontèrent le Tibre et nouèrent des relations d’amitié avec les Romains; de là, ils partirent explorer les côtes lointaines de la Gaule. La pauvreté du sol de leur patrie avait fait des Phocéens un peuple de marins: ils vivaient de la pêche, du commerce, et aussi de la piraterie, dont on tirait gloire à cette époque. Ils osèrent pousser jusqu’aux rivages de l’Océan et, d’autre part, pénétrèrent dans le golfe de Gaule (du Lion), où ils découvrirent l’embouchure du Rhône. Conquis par la beauté de la région, ils retournèrent chez eux demander du renfort. Les chefs de l’expédition furent Simos et Protis. Ils allèrent trouver Nannus, roi des Ségobriges, sur le territoire desquels ils projetaient de fonder une ville, et sollicitèrent son amitié. Justement, le roi préparait les noces de sa fille Gyptis. Selon les traditions de ce peuple, le gendre du roi devait être choisi au cours d’un festin. Tous les prétendants étaient invités. Le roi convia aussi ses hôtes grecs à la fête. Lorsque la princesse eut été amenée et que son père lui eut, selon l’usage, ordonné de présenter de l’eau à celui qu’elle choisirait pour époux, délaissant tous les autres, elle se tourna vers les Grecs et présenta l’eau à Protis qui, d’invité devenu gendre, reçut de son beau-père le terrain nécessaire à la nouvelle cité. Ainsi fut fondée Marseille, non loin de l’embouchure du Rhône, dans un site admirablement abrité formant comme un recoin de la mer. »

Cette tradition est rapportée par l’historien romain Justin (2e siècle apr. J.C.).

La Gaule

Sainte Geneviève

En l’an 406, les Francs, les Wisigoths et les Bourguignons envahirent la Gaule.

En 451 apparurent les Huns. Ils étaient commandés par Attila, qui se faisait appeler le fléau de Dieu. Mérovée, chef des Francs, et Aétius, général romain, les taillèrent en pièces à Châlons-sur-Marne (451).

Sainte Geneviève
Geneviève naquit au bourg de Nanterre, près de Paris, en 423. Dès son enfance, elle se consacra à Dieu; à quinze ans elle entra dans un couvent à Paris.

Geneviève joignait à une piété fervente un grand amour de sa patrie. Elle sortit deux fois de sa cellule pour exhorter les Parisiens à ne pas quitter leur cité: la première fois devant Attila, la seconde devant Clovis.

À l’approche du farouche roi des Huns, les Parisiens, effrayés, voulaient fuir; Geneviève les retint en leur prédisant que le barbare ne viendrait pas les attaquer; en effet, Attila prit une autre direction.

Geneviève mourut en 512; l’Église en fit une sainte; Paris en a fait sa patronne.

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Vercingétorix prisonnier de César

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La Gaule avant César – Attaque d’un réseau de haies défensives

La Gaule avant César – Attaque d’un réseau de haies défensives

Un autre usage ancestral des Gaulois était la protection de certains territoires au moyen de haies épineuses d’une facture particulière, dont le rôle était analogue à celui de nos « barbelés » modernes. Il est possible que ce procédé de fortification n’ait existé que chez quelques peuples. Il était fort développé chez les Nerviens. Ceux-ci, dit César, n’ayant jamais excellé par la cavalerie, contrairement aux Gaulois en général, avaient à se prémunir contre les razzias exécutées par la cavalerie de voisins pillards. Ils ébranchaient et courbaient de jeunes arbres de manière à constituer une sorte d’espalier, pour servir de support et d’armature aux ronces et aux arbustes épineux qu’ils faisaient pousser aussi abondamment que possible. Ces haies sauvages formaient des lignes multiples et même des réseaux entiers; elles n’arrêtaient pas seulement les attaques par surprise, mais même les regards indiscrets d’éclaireurs ennemis. César avoue qu’elles l’ont fortement gêné au cours de la fameuse bataille contre Boduognat.

Contre un dispositif aussi efficace, les moyens d’attaque étaient restreints. L’ennemi pouvait tenter d’infliger des pertes aux défenseurs par le jet de pierres et par un tir exécuté à l’aveuglette; l’incendie était le moyen le plus efficace, mais difficile à réaliser avec du bois vert; enfin on pouvait essayer de franchir la redoutable barrière sur des fascines ou des échelles. Mais, quelle que fût l’issue du combat, l’effet de surprise était exclu.

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La Gaule avant César – Construction d’une place forte

La Gaule avant César – Construction d’une place forte

Les cités importantes ne se contentèrent pas d’une enceinte formée d’une levée de terre et d’un fossé peu profond. La construction de fortifications imposantes n’intéressait pas seulement la sécurité, mais aussi la vanité des habitants. Beaucoup de ces défenses remontaient à une haute antiquité et subissaient des transformations selon la puissance des cités; des réparations et des reconstructions partielles devenaient nécessaires par suite de la vétusté ou après un siège. C’est une de ces reconstructions que montre l’image, permettant de se faire une idée des matériaux employés, ainsi que de leur agencement. Elle s’inspire de vestiges archéologiques et d’une description de César: « Sur le sol, à la distance régulière de deux pieds, on couche un rang de poutres, que l’on assujettit entre elles et que l’on couvre de terre bien tassée; à l’extérieur, on garnit les intervalles de grosses pierres. Sur cette couche bien arrangée et bien liée, on en pose une seconde, en observant les mêmes distances de manière que les poutres ne touchent pas les précédentes, mais qu’il y ait des pierres interposées. Tout l’ouvrage se continue ainsi jusqu’à l’élévation convenable. Non seulement l’alternance de poutres et de pierres bien alignées n’est pas désagréable à l’œil, mais elle présente des avantages réels pour la défense, la pierre garantissant le rempart du feu et les bois du bélier; car on ne peut ni renverser ni même entamer un radier de poutres longues de 40 pieds, la plupart reliées entre elles dans l’épaisseur de l’ouvrage. »

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