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Jean-Jacques Rousseau

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Rien de plus singulier que la vie et les travaux de ce philosophe si justement célèbre. Une étourderie de jeune homme lui ayant fait quitter la maison de son père, il fut élevé par Madame de Warens qui lui servit de mère et d’amie.

Par la suite il fut successivement professeur de musique à Chambéry, secrétaire d’ambassade à Venise, commis chez un financier à Paris; enfin, toujours poursuivi par le besoin, il fut forcé de se livrer à plus de 20 genres d’occupations pour vivre avant de se faire auteur. Il avait 39 ans lorsqu’il commença sa carrière littéraire.

Ce fut l’effet du hasard, ou peut-être du besoin, qui fit connaître à Rousseau lui-même ses grands talents pour écrire. L’Académie de Dijon avait proposé cette question: Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les mœurs. Rousseau voulut d’abord soutenir l’affirmative: « C’est le pont aux ânes, lui dit Diderot, soutenez la négative, et je vous promets le plus grand succès. » Rousseau suivit ce conseil, et son discours remporta le prix.

Encouragé par ce premier succès, Rousseau se présenta une seconde fois, et son Discours sur l’inégalité des conditions fut encore plus éloquent: les maximes les plus hardies, les idées les plus extraordinaires y sont revêtues des couleurs les plus brillantes, du style le plus enchanteur.

À deux ou trois autres petits ouvrages succéda la Nouvelle Héloïse , roman peu vrai dans le fond, mais étincelant de beautés de style, rempli de ces sentiments vifs et brûlants qui caractérisent une passion portée à son comble.

Ce roman avait fait beaucoup de bruit, mais Émile ou de l’Éducation en fit bien davantage. Cet ouvrage renferme une infinité de choses sages, utiles, vraies, bien vues et dignes de Platon; mais l’auteur ayant introduit dans le troisième volume un vicaire savoyard qui, après avoir parlé d’une manière sublime de l’Évangile et de son auteur, exprime humblement ses doutes sur l’authenticité des faits sur lesquels repose le christianisme, le parlement de Paris condamna le livre et poursuivit criminellement Rousseau, qui prit la fuite à la hâte. Genève lui ferma ses portes, et il ne put trouver un asile dans toute la Suisse. Le célèbre Hume, touché de son sort, le mena en Angleterre, mais il ne put y rester. Rentré en France, il y trouva une foule d’amis et obtint la permission de demeurer à Paris. Il vécut dès lors en philosophe paisible et dans la plus grande simplicité, borné à la société de quelques amis sûrs, fuyant celle des grands, méprisant le luxe et les vains étalages du monde.

Outre les ouvrages dont on a déjà parlé, on peut citer le Contrat social, les Lettres de la Montagne, la Correspondance, les Confessions, etc. Aucun écrivain n’a eu sur son siècle une plus grande influence que celle qu’ont eue Rousseau et Voltaire sur le leur. Enfin Rousseau étant aussi sévère moraliste qu’éloquent écrivain, nous avons dans notre langue fort peu d’auteurs dont le style soit comparable au sien: simplicité, noblesse, énergie, clarté, précision, expression toujours riche et pure, tournures hardies et faciles, pensées profondes et sublimes, toutes les qualités qui font le grand écrivain se trouvent réunies sous cette plume vraiment originale.

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La Nouvelle Héloïse

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