Roland à Roncevaux

Roland à Roncevaux

Le noble Charles, roi des Francs,
Avait passé monts et torrents.
Restait l’arrière-garde,
Ayant pour chef Roland le preux.
Voilà qu’il se hasarde
Au fond d’un val bien ténébreux.

Hélas! le traître Ganelon
A fait garder ce noir vallon;
Car une armée immense
Soudain descend des pics voisins.
La lutte à mort commence,
Aux cris stridents des Sarrasins…

Blessé trois fois, sire Olivier
Dit à Roland: « Beau chevalier,
Là-bas est Charlemagne.
Sonnez vers lui, sonnez du cor,
Sonnez par la montagne! »
Le bon Roland dit: « Pas encor. »

Enfin, percé de part en part,
Roland sonna: c’était trop tard.
Autour de lui, dans l’ombre,
Râlaient les gens et les chevaux.
Vaincu, mais par le nombre,
Roland mourut à Roncevaux.

Maurice Bouchor (1855-1929), Chants scolaires.

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La Chanson de Roland

Maurice Bouchor

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Mort de Roland à Roncevaux

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La Chanson de Roland (XIe siècle)

La Chanson de Roland est la plus célèbre de nos anciennes chansons de geste. Elle est sans doute l’œuvre d’un seul poète, car s’il avait existé sur les mêmes sujets de courts poèmes simples et populaires, jamais les jongleurs, qui s’en allaient de château en château, n’auraient pu composer un aussi long ouvrage.

Le clerc inconnu et sédentaire, auquel nous devons cette épopée carlovingienne, dut vivre dans la seconde moitié du XIe siècle.

Tout, dans le poème, gravite autour de Charlemagne, haute et massive figure impériale, et malgré les balbutiements d’un art grossier, cette épopée est pleine de grandes images et de sentiments héroïques.

Le centre de la Chanson de Roland est le massacre d’une arrière-garde de l’armée franque par les Basques, dans la vallée de Roncevaux, devenue, grâce au vieux poète inconnu qui l’a célébrée, l’immortelle sœur des Thermopyles.

La Chanson de Roland

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