Montesquieu

Montesquieu (1689-1755)

Lorsque Montesquieu naquit (en 1689, au château de la Brède, près de Bordeaux), la dynastie des Stuarts venait de succomber en Angleterre, et Jacques II cherchait un asile auprès de Louis XIV; lorsqu’il mourut (1755), la guerre désastreuse de Sept ans allait éclater, et déjà d’Argenson pouvait écrire ces graves paroles: «Tous les esprits se tournent au mécontentement, et tout chemine à une grande révolution.»

Esprit hardi, mais sage, ami du progrès sans rompre avec le passé, Montesquieu fut un des hommes qui auraient pu, s’il eût été écouté, ménager au pays une transition sans violence entre l’ancien régime et les temps modernes. Destiné dès l’enfance à la magistrature, il devenait à vingt-cinq ans (1714) conseiller au Parlement de Guyenne, et deux ans après, président à mortier* de cette même compagnie. Il remplit ces fonctions judiciaires jusqu’en 1728, date où il céda sa charge. Après un premier livre, qui portait déjà l’empreinte de son génie, Montesquieu entreprit, en 1728, un grand voyage à travers l’Europe et séjourna en Angleterre pendant près de deux ans. De retour au château de la Brède, il écrivit les Considérations sur les Causes de la Grandeur et de la Décadence des Romains (1734), ouvrage le mieux composé de tous ceux de Montesquieu. Ce fut seulement huit ans après, en 1742, que Montesquieu fit paraître à Genève son œuvre capitale: De l’Esprit des Lois. Souvent on a loué la richesse d’imagination et de savoir qui se montre dans ce dernier ouvrage: on peut dire qu’aucun, dans le dix-huitième siècle, ne renferme plus de vues justes et fécondes, de principes vrais et lumineux et plus de pensées efficaces, susceptibles de se réaliser par des applications pratiques.

* Le mortier (ainsi appelé par assimilation de forme avec un mortier) était le bonnet que portaient les présidents comme marque de leur dignité.

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Montesquieu (1689-1755)

Charles de Secondat, baron de Montesquieu, né au château de la Brède, près de Bordeaux, était à vingt-sept ans président à mortier au parlement de Guienne. Son premier ouvrage, les Lettres persanes, «le plus profond des livres frivoles», est une satire piquante des mœurs françaises au temps de la Régence (1721). Le grand succès de ce livre et celui du Temple de Gnide amenèrent son entrée à l’Académie (1725). Dès lors, il se mit à voyager en Europe, et se consacra pour toute sa vie aux études historiques. En 1734 parurent les Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains, ouvrage court, mais profond, inspiré peut-être par le Discours sur l’Histoire universelle de Bossuet. L’Esprit des Lois (1748) est une œuvre capitale ; Montesquieu y enseigne, au moyen de l’histoire, l’art de gouverner les sociétés. Ce livre eut vingt-deux éditions en dix-huit mois. Nous avons encore de Montesquieu un Dialogue de Sylla et d’Eucrate (1748), Lysimaque (1750), des Notes sur l’Angleterre et des Pensées diverses.


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L’Esprit des lois

Les Lettres persanes

Montesquieu … pour enfants

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