Le Curé de Tours

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Honoré de Balzac | Honoré de Balzac – Posts

Honoré de Balzac

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Honoré de Balzac (1799-1850)

Honoré de Balzac, après dix ans de production sans valeur et qui resta obscure, commença en 1829 les romans qui devaient former La Comédie humaine, à laquelle il travailla jusqu’à sa mort: beaucoup de longues nouvelles et vingt-quatre romans (Eugénie Grandet, Le Père Goriot, 1833, 1834, etc.; la série Les Illusions perdues, 1837-1843; La Cousine Bette, 1847) où les mêmes personnages reparaissent à plusieurs reprises.

Doué d’une activité prodigieuse, écrivant avec fièvre plusieurs romans à la fois, plein d’illusions, de vanité, de tendresse, de force et de génie, il rassembla en lui les tendances les plus opposées, écouta les savants naturalistes et les prophètes du mysticisme, s’ouvrit aux influences étrangères les plus diverses et les plus lointaines, et posa avec prescience, parfois confusément, quantité de grands problèmes. Il crée des personnages d’un relief unique, nombreux et tous différents; il excelle à peindre les petits bourgeois, les provinciaux, les maniaques et les médiocres, mais il se plaît aussi aux créatures séraphiques ou idéales. Très romantique par sa personnalité débordante, son imagination, sa tendance à grossir la réalité, il s’est voulu réaliste pour peindre la vie foisonnante, bariolée et complexe.

S’il est médiocrement ce qu’il prétend être, un moraliste et un docteur ès sciences sociales, s’il peint mal la haute société, si ses inventions sont parfois mélodramatiques et ses sentiments excessifs ou vulgaires, il est le fondateur en Europe du roman réaliste, qui peint les hommes au physique comme au moral, avec leur tempérament, leurs sentiments, leurs manies, surtout leurs intérêts, dans leur milieu social et matériel; qui représente toute une société. Il écrit souvent mal, non par négligence, mais avec une gaucherie appliquée et prétentieuse. Sa gloire fut immédiate dès ses premiers bons romans; elle n’a cessé de croître; Balzac est devenu le maître des romanciers des deux mondes, et on le salue, à côté de Shakespeare, comme un des grands créateurs littéraires.

Image from page 16 of "La comédie humaine" (1912)

Image from page 252 of "La comédie humaine" (1912)

Image from page 166 of "La comédie humaine" (1912)

Image from page 15 of "Oeuvres complètes de M. de Balzac" (1842)

Image from page 86 of "La comédie humaine" (1912)

Le bon Juge

Popinot avait le bonheur d’agir sur une plus vaste circonférence et dans une sphère plus élevée; il veillait à tout, il prévenait le crime, il donnait de l’ouvrage aux ouvriers inoccupés, il faisait placer les impotents, il distribuait ses secours avec discernement sur tous les points menacés, se constituant le conseil de la veuve, le protecteur des enfants sans asile, le commanditaire des petits commerces. Personne au palais ni dans Paris ne connaissait cette vie secrète de Popinot. Il est des vertus si éclatantes qu’elles comportent l’obscurité, les hommes s’empressent de les mettre sous le boisseau. Quant aux obligés du magistrat, tous, travaillant pendant le jour et fatigués la nuit, étaient peu propres à le prôner; ils avaient l’ingratitude des enfants, qui ne peuvent jamais s’acquitter parce qu’ils doivent trop. Il y a des ingratitudes forcées; mais quel cœur a pu semer le bien pour récolter la reconnaissance et se croire grand?

Honoré de Balzac, L’Interdiction.

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Honoré de Balzac

Le roman historique français

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Le roman historique français

Le succès de Scott attira vers le roman historique quelques-uns des plus grands écrivains français. Vigny, dans Cinq-Mars (1825), se servit de l’histoire, qu’il déformait, pour appuyer une thèse politique. Hugo exprima dans Notre-Dame de Paris (1831) ses goûts pour le pittoresque du moyen âge, le gothique, le grotesque; roman d’une étonnante richesse de style, où les idées sociales et morales annonçaient les Misérables. Mérimée imita avec talent dans la Chronique de Charles IX (1829) les Mémoires du XVIe siècle; mieux que tout autre, il réussit à unir l’histoire et le roman. Balzac donna dans Les Chouans (1829) son premier roman de quelque valeur; œuvre encore novice, mais essai tout nouveau de reconstitution des mœurs et de précision topographique.

Bientôt commença la fabrication en série de romans historiques écrits hâtivement, après une préparation sommaire empruntée aux chroniques ou mémoires, en plaquant sur le tout des couleurs violentes. Alexandre Dumas père possédait à un rare degré la fécondité de l’invention, l’art de conter; nul peut-être n’a amusé, captivé autant de lecteurs dans tous les pays. Ses romans les plus célèbres datent de 1844-1849: Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, etc.

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Romantiques français – 2

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Romantiques français – 2

Le roman romantique fut surtout représenté par George Sand (1804-1876). D’origine mi-aristocratique, mi-plébéienne, élevée en partie dans les campagnes du Berry qui devaient l’inspirer, nourrie dans le culte de Rousseau, elle était douée d’un talent naturel pour inventer et conter. De sa longue carrière de romancière nous ne retenons ici que ses premiers livres, qui sont personnels et passionnés; ils prêchent l’iniquité du mariage moderne, la sainteté et les droits de l’amour, qui brave l’inégalité des classes sociales: Indiana, Valentine, Lélia qui eut un grand retentissement, André, Jacques (1832-1837). Le style en est lyrique, plein d’effusions et parfois déclamatoire. Ils mirent à la mode pour assez longtemps le thème de la femme incomprise. Ils étaient sans précédents en Europe; ils furent très lus partout, et suscitèrent beaucoup d’enthousiasme et de réprobation.

Volupté (1834), du jeune Sainte-Beuve (1804-1869), offre un récit minutieux, emprunté à des émotions personnelles, des luttes entre un amour qui se voudrait idéal et des aspirations religieuses dans un cœur délicat, aisément meurtri; livre austère, mais pénétrant et fin.

La même inspiration idéaliste et mystique anime Le Lys de la vallée (1835) de Balzac (1799-1850).

À ce courant se rattachent les exquises nouvelles de Gérard de Nerval (1808-1855). Dans son cher pays du Valois, ce tendre rêveur place ses héroïnes, Angélique, Sylvie, et cette Aurélia où souffle déjà le vent de folie qui mena l’auteur au suicide (1854,1855). Sa prose délicate et vaporeuse est évocatrice entre toutes.

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