Pierre Corneille

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Pierre Corneille

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La peinture des caractères dans la tragédie classique

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La peinture des caractères dans la tragédie classique

Corneille et Racine ont produit sur la scène de grands événements historiques, mais on se trompe fort quand on croit qu’ils se souciaient de faire revivre le passé dans un tableau saisissant et fidèle. Cette préoccupation était bien loin de leur esprit. Ce qu’ils se proposaient de peindre, ce n’étaient pas, comme quelques-uns ont dit, tel ou tel héros célèbre: Horace, Auguste, Œdipe, Alexandre, Andromaque, etc., ni le milieu dans lequel ces héros ont vécu; c’étaient les sentiments généraux et communs aux hommes de toute race et de toute époque: la fierté, le patriotisme et l’amour maternel, la jalousie, la haine, etc. Ces sentiments, ils les montraient en action, en les personnifiant dans des types, créés par eux. En d’autres termes, ils ne traçaient le portrait ni d’un Grec ou d’une Grecque, ni d’un Romain ou d’une Romaine, mais de l’homme et de la femme tels qu’on les retrouve dans tous les temps et dans tous les pays. Ils n’ont gardé, pour nous servir des termes de M. Lanson, du caractère local de l’action et du héros que ce qui est indispensable à la réalisation des sentiments généraux. C’est-à-dire que l’intérêt de leurs drames n’est pas dans la couleur historique, qui manque, mais dans la vérité humaine.

Corneille et Racine: comparaison.
Bien qu’ayant la même conception de la tragédie, Corneille et Racine imprimèrent chacun à leur œuvre leur marque personnelle.

Les caractères des héros de Corneille sont entiers, tout d’une pièce, surhumains, exceptionnels. Le poète peint l’homme tel qu’il pourrait et devrait être, l’homme de volonté. Le sentiment qu’il excite est l’admiration.
Ex. : Dans le Cid les principaux personnages sacrifient tout à ce qu’ils regardent comme leur devoir. Bien qu’ils confondent celui-ci avec le faux point d’honneur, on ne saurait nier que leurs inspirations et leurs tendances ne soient nobles, grandes, sublimes; entre la vertu héroïque et la bassesse, Corneille ne connaît pas de milieu.

Les caractères de Racine sont finement nuancés et plus près de la réalité, tout en restant dans les sphères de l’idéal. Le poète excelle à rendre les sentiments tendres, délicats, à peindre la passion. Il excite surtout l’attendrissement, la pitié.
Ex. : Il nous montre Andromaque cruellement torturée par l’alternative d’être infidèle au souvenir d’Hector, ou d’occasionner la mort de son enfant, Astyanax, que Pyrrhus menace de faire tuer si elle ne consent à devenir son épouse.

Le théâtre au 17e siècle

Le Cid


Quelques notions générales sur Le Cid.

— Corneille avant le Cid. Il a surtout écrit des comédies. Elles avaient remporté un très vif succès auprès des «honnêtes gens» (La Veuve – La galerie du palais – La Place Royale).

Le Cid : il est écrit en 1636 et apporte au poète sa gloire. Avec le Cid Corneille éclipsait d’un coup tous ses rivaux, conquérait Paris et la France et, ce qui est le plus important, inaugurait à la fois et la tragédie française et sa propre manière de la traiter.

Le Cid qui devait être représenté à la fin de décembre 1636, ne l’a été vraisemblablement qu’au début de janvier 1637.

Le décor est un décor simultané à compartiments.

La distribution est incertaine. On sait cependant avec certitude que Mondory jouait le rôle de Rodrigue.

Les costumes étaient des costumes de cour de l’époque.

Le succès du Cid fut immense : pendant six semaines la salle est comble.

Sous quel titre a paru le Cid ? Sous le titre de tragi-comédie (tragi-comédie : une pièce qui mêle à la tragédie des éléments empruntés à la comédie – le dénouement en est heureux et le sujet romanesque).

Les sources du Cid : Guilhem de Castro, qui lui-même s’était inspiré de légendes espagnoles médiévales.

La légende du Cid :

À l’origine il y a un personnage réel du 11e siècle. Deux surnoms disent sa valeur guerrière:
Le Cid : du mot arabe Sidi : seigneur
Campéador : d’origine castillane : qui fait campagne.
D’après la tradition : Rodrigue épousa, du reste sans amour, la fille de l’homme qu’il avait tué. Ceci était conforme aux idées du 12e sièce : « Un homme pour un homme ». Plus tard. on imagina que Rodrigue aimait Chimène et en était aimé. Il en résultait une lutte entre l’honneur (qui commandait à Rodrigue de venger son père) et l’amour. Ce sont des données qui apparaissent dans la pièce espagnole et que Corneille recueille.

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Pierre Corneille

Pierre Corneille (1606-1684)

Pierre Corneille naquit à Rouen en 1606. C’était le fils d’un avocat général, et sa famille le destinait au barreau. Après de bonnes études, il fut reçu avocat. Mais la carrière dramatique, où Mairet, du Ryer et Rotrou obtenaient de brillants succès, ne tarda pas à l’attirer. Il débuta dès 1629 par quelques comédies, excellentes pour cette époque, et il donna en 1635 sa première tragédie, Médée, dans laquelle plusieurs passages annonçaient déjà celui que, presque aussitôt, le Cid (1636) allait immortaliser.

Les années qui s’écoulèrent pour Corneille de trente à quarante ans furent comptées par des chefs-d’œuvre, Horace, Cinna, Polyeucte, Pompée, Rodogune. En 1647, il fut admis à l’Académie française. Parvenu alors au comble de sa gloire, il ne cessa de produire de nouveaux ouvrages, qui, bien qu’inférieurs à ceux de sa forte maturité, eussent donné la gloire à tout autre par les traits sublimes qu’ils renferment: il suffit de rappeler Sertorius, Othon, Nicomède, etc.

Corneille a laissé encore beaucoup de pièces détachées sur différents sujets, et une Paraphrase de l’Imitation de Jésus-Christ, qui n’a pas été réimprimée moins de quarante fois.

Corneille mourut pauvre en 1684. Sa vie privée avait offert le modèle de toutes les vertus. Il était le doyen de l’Académie française; et, dans cette compagnie, il fut loué par Racine d’une manière digne de ces deux grands hommes.

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Pierre Corneille

Pierre Corneille (1606-1684)

Corneille, né à Rouen, mort à Paris, est avec Racine le plus grand poète tragique du XVIIe siècle. Il a beaucoup écrit, surtout pour le théâtre. Ses principales œuvres sont: Le Cid (1636), Horace, Cinna (1640), Polyeucte, Pompée (1643), Rodogune (1645), Don Sanche d’Aragon (1650), Nicomède (1658). Sa meilleure comédie est Le Menteur (1644). Dégoûté un moment du théâtre par la chute de Pertharite (1652), il acheva la traduction de L’imitation de Jésus-Christ (1651-1656) qui renferme de grandes beautés. Revenu à la scène, il fit admirer son étonnante fécondité, sans rien ajouter à sa réputation, par une série d’œuvres où la vieillesse se fait sentir. La tragédie de Sertorius (1662) eut seule un vrai succès parmi ces dernières. Corneille s’est mis au rang des meilleurs prosateurs par la Lettre à Scudéry, les trois Discours sur le poème dramatique et les Examens de ses pièces.


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