La littérature française au 19e siècle

Introduction.

Le 19e siècle est une époque d’une grande diversité. Voilà pourquoi on ne lui trouve pas d’ "appellation contrôlée" comme "la Renaissance", "le siècle classique" ou "le siècle des Lumières".

Napoléon III

Politique.

Il n’y a pas moins de 7 régimes en France:

1799 : le Consulat
1804 : l’Empire
1814 : la Restauration (1815: Waterloo)
1830 : la Monarchie de Juillet (Louis-Philippe)
1848 : la 2e République
1852 : le Second Empire (Napoléon III)
1870 : la 3e République (1870-1871: guerre franco-allemande ; 1871: la Commune)

Le mouvement vers la démocratie se manifeste dans une série de révolutions partout en Europe (p.e. en 1830 en Belgique).

Le libéralisme aspire à un élargissement des libertés, mais il débouchera dans un capitalisme sauvage, qui à son tour engendre le socialisme. Celui-ci s’insurge contre la misère sociale et combat les injustices produites par la différence des classes.

  • En France: le syndicalisme de Pierre PROUDHON (1809-1865: "la propriété, c’est le vol").
  • Le socialisme international: Karl MARX (1847 Le Manifeste communiste ; 1867 Le Capital ; 1864 la première Internationale ouvrière à Londres).

Le progrès scientifique.

Louis PASTEUR (1822-1895). Les travaux de Pierre et Marie CURIE sur le radium. L’évolutionnisme de Charles DARWIN.

Le prestige de la science rayonne aussi sur la littérature, où il influence de façon décisive l’école naturaliste.

L’industrialisation.

La découverte de la machine à vapeur (trains, bateaux, usines, …) rend possible une industrialisation rapide. La concentration de celle-ci donne naissance à un prolétariat urbain. La bourgeoisie riche devient à partir de Louis-Philippe la classe dirigeante du pays.
Aussi dans les romans réalistes et naturalistes l’argent devient-il un thème littéraire de première importance (BALZAC, ZOLA, MAUPASSANT, …)

La France dans le monde.

Pendant le 19e siècle, la France reste aux yeux d’une grande partie de l’Europe la patrie de la liberté, le pays de la Révolution.

Surtout dès 1870, la France fait la connaissance des cultures germaniques (musique de WAGNER, théâtre d’IBSEN) et du roman russe. D’autre part PASTEUR devient célèbre dans le monde entier, et ZOLA exporte ses idées sur le naturalisme.

Il y a une expansion du domaine colonial, ce qui provoque un certain exotisme dans la littérature.

1. Le romantisme (± 1800-1850).

  • Le mouvement débute en Allemagne (GOETHE) et en Grande-Bretagne (Walter SCOTT) vers 1750. Il mettra un demi-siècle à gagner la France.
  • Finie l’ère de la raison: la sensibilité et l’individualisme règnent: on parle beaucoup du moi qui souffre (le "mal du siècle", le "Spleen", la "Weltschmerz" = mélancolie sans objet précis).
  • La forme devient de plus en plus libre, on crée la prose poétique.
  • On privilégie certains thèmes: on redécouvre le passé national (le moyen âge chrétien); la nature reflète la psychologie des personnages (= "nature subjective" / p.ex. des ruines, paysages montagneux, éclairés par la lune, des précipices, des cascades, etc.)
  • Le romantisme a le goût du rêve, du mystère, du fantastique, du métaphysique, de l’imagination.
  • François-René de CHATEAUBRIAND (1768-1848), Atala (1801); René(1805); Mémoires d’outre-tombe(1848-1850), Le génie du christianisme.
  • Madame de STAËL, De l’Allemagne (1813)
  • Benjamin CONSTANT (1767-1830), Adolphe.
  • George SAND (1804-1876), La mare au diable.
  • Victor HUGO (1802-1885), Notre-Dame de Paris; Les Misérables(1862); Les Contemplations (1856).
  • Alfred de VIGNY (1797-1863), Les Destinées (1864)
  • Alphonse de LAMARTINE (1790-1869), Méditations poétiques (1820).
  • Alfred de MUSSET (1810-1857), Lorenzaccio (1834).
  • Gérard de NERVAL (1808-1855), Aurélia (1855).
  • Alexandre DUMAS père (1803-1870), Les trois mousquetaires.
  • Eugène SUE (1804-1857), Les mystères de Paris.
  • Charles-Augustin SAINTE-BEUVE (1804-1869), Les Lundis (critique littéraire).
  • Jules MICHELET (1798-1874), Histoire de France (historiographie).

2. Le réalisme, le naturalisme et le Parnasse (± 1850-1880).

Réalisme:

On ne parle plus de sentiments, mais de comportement. On décrit la nature extérieure, de manière objective, en respectant les faits matériels. On étudie l’homme dans son milieu. Le roman est le lieu où se réalise la confrontation d’un être, venu souvent du plus bas de l’échelle sociale, avec la société. Balzac construit toute une architecture de scènes et de tableaux. Stendhal s’intéresse plus à la psychologie; il est à mi-chemin entre le romantisme et le réalisme. Les personnages de Flaubert sont passifs, plutôt voués à l’échec, leur existence est "presque rien".

  • Honoré de BALZAC (1799-1850), La comédie humaine(1830-1850): e.a. Le Père Goriot (1834), Le Lys dans la vallée(1835).
  • Gustave FLAUBERT (1821-1880), Madame Bovary (1857), L’Éducation sentimentale (1869).
  • STENDHAL (1783-1842), Le rouge et le noir (1830), La Chartreuse de Parme (1839).
  • Prosper MÉRIMÉE, Carmen; Colomba.
  • Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870) GONCOURT
  • Alphonse DAUDET (1840-1897), Lettres de mon moulin.

Naturalisme:

L’industrialisation donne naissance à un prolétariat. Les théories philosophiques, sociologiques, psychologiques et biologiques influencent la littérature (le positivisme d’Auguste COMTE, le scientisme d’Ernest RENAN, les découvertes de Charles DARWIN). Le roman expérimental est un laboratoire où les personnages suivent les déterminations du milieu social et de la situation historique, de la biologie (hérédité), de la psychologie. Le réalisme plus poussé devient le naturalisme: une description détaillée de la vie sociale, qui intègre les découvertes scientifiques et qui ose insister sur les aspects négatifs, voire sordides (tristesse, misère sociale, sexualité déréglée, …). Zola est le maître du roman naturaliste, Maupassant celui de la nouvelle.

  • Émile ZOLA (1840-1902), Les Rougon-Macquart: e.a. L’Assommoir (1877), Germinal (1885)
  • Guy de MAUPASSANT (1850-1893) Bel-Ami (1885), Le Horla (1887).

Parnasse:

Une "école poétique réaliste", qui vise la beauté formelle, sans leçon morale, "l’Art pour l’Art"; il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien.

  • Charles BAUDELAIRE (1821-1867), Les Fleurs du Mal (1857), Le Spleen de Paris (69).
  • Théophile GAUTIER (1811-1872), Mademoiselle de Maupin (1836).
  • Leconte de LISLE (1818-1894).
  • José-Maria de HÉRÉDIA (1842-1905)

3. Le symbolisme (1880-1900).

Poésie.

  • On va se lasser de la réalité (Réalisme) et de la froide beauté formelle (Parnasse).
  • La poésie, extrêmement subjective et personnelle, n’exprime pas clairement les états d’âme du poète, mais les suggère par des symboles vagues.
  • Le "symbole" est une figure, une image, des sons qui traduisent des correspondances mystérieuses entre l’état d’âme du poète et le monde sensible. Le symbole peut être interprété de plusieurs façons. C’est encore Baudelaire qui établit le premier des correspondances entre le monde des sensations et l’univers suprasensible. Ses vers sont selon Paul Valéry "une combinaison de chair et d’esprit".
  • Le symbolisme est idéaliste (cf. la poésie mystique du moyen âge, cf. le Romantisme): les écrivains veulent accéder, au-delà du réel, au monde de l’idée. Les symbolistes cherchent, comme les mystiques, une communion totale avec l’Être. Dans le subconscient et le rêve ils éprouvent le mystère universel. Il s’agit d’une poésie ultra-subjective et personnelle.
  • La forme est totalement libre. La poésie est "de la musique avant toute chose". (Verlaine). Le langage peut être hermétique, toucher parfois l’artificiel.
  • Charles BAUDELAIRE
  • Paul VERLAINE (1844-1896), Poèmes saturniens (1866) ; Romances sans paroles (1874).
  • Arthur RIMBAUD (1854-1891), Poésies (1869), Une saison en enfer (1873).
  • Stéphane MALLARMÉ (1842-1898); Poésies (1887)
  • Émile VERHAEREN (1855-1916), Toute la Flandre.

Le théâtre symboliste.

  • Maurice MAETERLINCK (1862-1949), Pelléas et Mélisande; L’oiseau bleu.

Le roman "fin de siècle".

Quelques romanciers ont fait oeuvre symboliste en prose. S’opposant au naturalisme, ils ont rétabli l’individu dans sa particularité. Au positivisme scientifique ils opposent idéalisme et mysticisme.

  • Barbey D’AUREVILLY (1808-1889), Les Diaboliques (1874).
  • Villers de L’ISLE-ADAM (1838-1889), Les Contes cruels.
  • Joris-Karl HUYSMANS, À rebours (1884).
  • Georges RODENBACH, Bruges-la-Morte.

Sources: e.a. A. Lagarde & L. Michard, Le XIXe siècle. Les grands auteurs français du programme, Paris, Bordas, 1978 / J.Van Speybroeck, Le français d’aujourd’hui 6 , Beveren, Orion, 1979.


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